Selon les données du Service de sécurité nationale arménien, au 1er janvier 2026, 46 030 personnes déplacées de force du Haut-Karabakh (Artsakh) ont quitté l’Arménie depuis la grande vague d’exode de septembre 2023. Parmi elles, 30 901 sont revenues dans le pays. En d’autres termes, 15 129 déplacés ont quitté l’Arménie et n’y sont pas (encore) revenus.
Pour rappel, cet exode massif fait suite à l’opération militaire azerbaïdjanaise de septembre 2023, qui a entraîné le déplacement quasi total de la population arménienne du Haut-Karabakh vers l’Arménie. Les autorités arméniennes estiment le nombre total de personnes déplacées à environ 150 000, tout en soulignant qu’il est difficile d’établir un chiffre exact.
Une situation longtemps stable, puis un nouveau départ en 2025
Entre le printemps 2024 et le printemps 2025, le nombre de déplacés ayant quitté l’Arménie sans y revenir est resté relativement stable, oscillant autour de 11 000 à 12 000 personnes.
Cependant, à partir de mai 2025, une nouvelle vague de départs a été observée. En l’espace de quelques mois, le nombre de personnes ne revenant pas en Arménie a augmenté de 4 000 à 5 000, atteignant un pic de 16 735 personnes en août 2025.
Cette hausse coïncide dans le temps avec la fin du programme d’aide sociale dit “40 000 + 10 000 drams” (environ 22 + 89 euros), qui offrait un soutien financier mensuel aux déplacés du Haut-Karabakh. La réduction puis la mise sous conditions de cette aide ont été perçues par de nombreux observateurs comme un facteur ayant contribué à l’accélération des départs, notamment vers la Russie ou des pays européens.
Une stabilisation fin 2025, mais une situation toujours fragile
Après avoir atteint un sommet à l’été 2025, la situation s’est partiellement stabilisée en fin d’année. Au 1er janvier 2026, le nombre de déplacés n’étant pas revenus en Arménie est redescendu à 15 129, principalement en raison d’une augmentation du rythme des retours.
Parallèlement, un autre indicateur attire l’attention : le nombre de déplacés demandant un nouveau passeport arménien est en hausse. Au 30 décembre 2025, 25 901 personnes déplacées du Haut-Karabakh avaient déposé une demande, et 19 319 avaient déjà obtenu leur nouveau passeport.
Ce document est une condition indispensable pour bénéficier du programme public de logement, mis en place par l’État arménien afin de faciliter l’installation durable des familles déplacées.
Entre intégration et départs définitifs
Ces chiffres illustrent une réalité complexe : si une partie des déplacés tente de s’installer durablement en Arménie, une autre choisit — ou se voit contrainte — de chercher un avenir ailleurs, en raison de difficultés économiques, de l’incertitude sociale et de la fin progressive des aides d’urgence.
Plus de deux ans après l’exode du Haut-Karabakh, la question de l’intégration à long terme, de la sécurité économique et de la stabilité sociale des déplacés reste donc l’un des défis majeurs pour l’Arménie.
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