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L'Assemblée nationale français exige la libération des dirigeants arméniens du Haut-Karabakh, sur fond de tensions avec Bakou

L'Assemblée nationale français exige la libération des dirigeants arméniens du Haut-Karabakh, sur fond de tensions avec Bakou

L'Assemblée nationale français a adopté, le 4 février 2026, une résolution demandant la libération immédiate et inconditionnelle des anciens dirigeants politiques et militaires arméniens du Haut-Karabakh (Artsakh), actuellement détenus en Azerbaïdjan. Le texte a été adopté à l’unanimité, avec 183 voix pour et aucune contre, un consensus rare qui souligne la fermeté de la position française sur ce dossier.

La résolution appelle également le gouvernement français à mobiliser l’ensemble des leviers diplomatiques afin de faire pression sur Bakou pour obtenir non seulement la libération des dirigeants de l’Artsakh, mais aussi celle de tous les prisonniers de guerre et civils arméniens encore détenus en Azerbaïdjan.

La question des prisonniers, un dossier humanitaire non résolu

Depuis la fin des hostilités et l’exode massif de la population arménienne du Haut-Karabakh à l’automne 2023, la question des prisonniers arméniens demeure l’un des points les plus sensibles du processus post-conflit. Plusieurs anciens responsables politiques et militaires de l’Artsakh ont été arrêtés par les autorités azerbaïdjanaises et font aujourd’hui l’objet de procédures judiciaires à Bakou, largement critiquées par des ONG internationales et des responsables politiques occidentaux.

Dans la résolution, les députés français estiment que ces procès ne relèvent pas d’une justice ordinaire, mais s’inscrivent dans une logique politique, visant à délégitimer toute forme d’autorité arménienne passée au Haut-Karabakh. Le texte affirme que ces détentions participent d’une politique systématique de négation, non seulement des droits des prisonniers, mais aussi de l’existence historique et politique de la population arménienne de la région.

Une résolution qui s’inscrit dans un climat diplomatique dégradé

Portée par Laurent Wauquiez, président du groupe d’amitié France–Arménie, la résolution intervient dans un contexte de relations particulièrement tendues entre la France et l’Azerbaïdjan. Depuis 2023, Paris s’est affirmé comme l’un des soutiens politiques les plus visibles de l’Arménie sur la scène internationale, dénonçant à plusieurs reprises l’usage de la force par Bakou et appelant au respect du droit international humanitaire.

En réponse, les autorités azerbaïdjanaises ont régulièrement accusé la France de partialité, allant jusqu’à remettre en cause son rôle au sein des formats internationaux de médiation. Cette dégradation des relations bilatérales s’est traduite par des échanges diplomatiques tendus, des déclarations publiques virulentes et un refroidissement notable du dialogue politique entre Paris et Bakou.

Un risque pour la paix récemment proclamée

Les députés français mettent également en garde contre les conséquences à long terme de la détention des prisonniers arméniens. Selon eux, la poursuite des arrestations et des procès pourrait fragiliser la mise en œuvre de la déclaration conjointe signée à Washington le 8 août 2025, censée marquer la fin de plusieurs décennies de conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Si ce texte a permis d’acter politiquement la fin du conflit, il n’apporte aucune solution claire au sort des prisonniers arméniens, laissant un vide juridique et humanitaire que la résolution du Sénat français entend précisément combler.

Soutien aux déplacés et rappel des principes internationaux

Enfin, la résolution réaffirme le soutien de la France aux Arméniens du Haut-Karabakh déplacés de force, rappelant que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne saurait être effacé par la victoire militaire d’un État. Les députés soulignent la responsabilité de la communauté internationale d’exiger de l’Azerbaïdjan des garanties crédibles pour un retour sûr, volontaire et digne des populations déplacées.

L'Assemblée nationale condamne en conclusion les arrestations arbitraires et les procédures judiciaires visant les dirigeants de l’Artsakh, les qualifiant de violations du droit international, et appelle la France à poursuivre une diplomatie active sur ce dossier.

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