Une fusillade survenue récemment dans le quartier d’Ajapnyak, à Erevan, a profondément marqué l’opinion publique arménienne. Les tirs ont été entendus en pleine journée, à proximité d’immeubles d’habitation et de commerces, provoquant un mouvement de panique parmi les passants. Un homme a été mortellement touché. La police a rapidement sécurisé la zone, recueilli des éléments balistiques et exploité les caméras de surveillance afin d’identifier les auteurs présumés. Selon les premières indications, les enquêteurs privilégient la piste d’un règlement de comptes plutôt qu’une attaque visant des civils au hasard.
Ce fait divers a relancé les discussions sur la sécurité dans la capitale, d’autant qu’il intervient alors que les chiffres officiels publiés par le ministère arménien de l’Intérieur montrent une augmentation du nombre d’homicides dans le pays.
D’après les données communiquées à CivilNet, 50 homicides confirmés ont été enregistrés en Arménie au cours des douze mois de 2025, contre 45 en 2024. Les autorités soulignent toutefois que l’ensemble des affaires de 2025 ont été élucidées. À titre de comparaison, 39 des 45 cas recensés en 2024 avaient été résolus.
Une criminalité concentrée autour de la capitale
La répartition territoriale met en évidence une concentration des crimes dans et autour d’Erevan, principale agglomération du pays qui compte plus d’un tiers de la population arménienne.
Dans la capitale, le nombre d’homicides est passé de 13 à 17 en un an. La région voisine de Kotayk enregistre la progression la plus forte : 12 cas en 2025 contre 5 l’année précédente. Cette zone péri-urbaine, fortement liée économiquement et socialement à Erevan, connaît une croissance démographique rapide, ce qui accentue les tensions sociales et les interactions quotidiennes.
D’autres régions connaissent également une hausse. Dans la région de Lori, au nord du pays, les cas ont doublé, passant de 3 à 6. À Armavir, dans la plaine de l’Ararat, les homicides sont passés de 3 à 7.
Des tendances opposées selon les régions
La situation reste toutefois contrastée. Certaines régions ont enregistré une baisse notable. Dans la région d’Ararat, les cas sont passés de 6 à 1, tandis que dans la région de Shirak — dont la principale ville est Gyumri — ils ont diminué de moitié, de 6 à 3. À Tavush, région frontalière au nord-est du pays, aucun homicide n’a été signalé en 2025 alors que deux cas avaient été enregistrés l’année précédente.
Une hausse limitée mais symboliquement forte
En chiffres absolus, l’augmentation demeure modérée : cinq homicides supplémentaires sur une année. L’Arménie reste globalement un pays à faible criminalité violente comparé à de nombreux États européens ou régionaux. Cependant, la médiatisation d’affaires violentes survenant dans l’espace public, notamment en plein Erevan, renforce fortement la perception d’insécurité.
Les autorités mettent en avant un taux d’élucidation élevé pour souligner l’efficacité des services d’enquête. Mais pour la population, ce sont surtout les faits divers visibles qui façonnent le sentiment de sécurité quotidienne. La fusillade d’Ajapnyak, en particulier, a illustré ce décalage : statistiquement rare, la violence armée n’en a pas moins un impact considérable sur la perception de la sécurité dans la capitale arménienne.
Civilnet











