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«Un processus dangereux»: Pashinyan met en garde contre les déclarations d’Aliev dans un climat régional sous tension

«Un processus dangereux»: Pashinyan met en garde contre les déclarations d’Aliev dans un climat régional sous tension

Dans un contexte toujours fragile dans le Caucase du Sud, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a exprimé de vives inquiétudes face aux déclarations répétées du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, qu’il considère comme porteuses de revendications territoriales implicites sur l’Arménie.

Ces propos interviennent alors que les deux pays, officiellement en négociations pour un accord de paix après des décennies de conflit, peinent encore à construire une confiance minimale. La guerre de 2020 au Nagorno-Karabakh, suivie de l’offensive azerbaïdjanaise de 2023 ayant conduit à l’exode massif de la population arménienne de la région, continue de peser lourdement sur les relations bilatérales.

« Je considère que c’est un processus dangereux, que nous devons gérer. Et nous devons comprendre ce processus dans tous ses paramètres. Cela fait deux ans que je parle de cela, non? », a déclaré Pashinyan lors d’un point de presse au gouvernement, le 19 mars.

Un discours qui ravive les tensions

Depuis plusieurs mois, le président Aliev évoque régulièrement la notion d’« Azerbaïdjan occidental », une expression controversée qui fait référence, selon l’interprétation officielle de Bakou, aux territoires actuels de l’Arménie où vivaient historiquement des Azerbaïdjanais avant les conflits des années 1990. Dans ses discours, il va parfois jusqu’à utiliser des noms azerbaïdjanais pour désigner des localités arméniennes.

Pour Erevan, ce langage dépasse le simple registre historique ou symbolique. Il est perçu comme une tentative de légitimer, à terme, des revendications politiques ou territoriales, voire de préparer l’opinion publique à de nouvelles pressions.

Une bataille des récits

Interrogé sur la manière de répondre à ces déclarations, Pashinyan a insisté sur la nécessité de ne pas tomber dans une logique de surenchère rhétorique, mais plutôt d’analyser en profondeur les mécanismes à l’œuvre.

Selon lui, la clé réside dans une approche « étatique » et rationnelle, fondée sur des politiques légitimes et solides, capables de résister aux provocations.

« Si aujourd’hui nous disons, par exemple, que l’Ararat est notre montagne, que l’Artsakh est à nous, que Dadivank est à nous, pourquoi cela devrait-il les empêcher, de manière symétrique, de dire la même chose ? », a-t-il expliqué, suggérant que les discours identitaires peuvent nourrir une dynamique de miroir entre les deux pays.

Mais il a également souligné un paradoxe : « S’ils disent “Azerbaïdjan occidental”, cela devrait aussi, ici, limiter beaucoup de forces à répondre par l’inverse. » Une manière de critiquer indirectement certaines forces politiques en Arménie, accusées d’entretenir elles aussi des narratifs maximalistes.

Entre paix fragile et méfiance persistante

Les déclarations des deux côtés s’inscrivent dans un moment charnière. Après des mois de négociations, un accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan aurait été paraphé — une étape technique importante, mais encore loin d’une signature définitive et d’une normalisation complète.

« Lorsque je dis que l’Arménie et l’Azerbaïdjan doivent avancer dans une logique d’accord stratégique, cela signifie que, parallèlement, nous devons résoudre ce problème », a insisté Pashinyan. « Et la première étape la plus importante a déjà été faite : l’accord de paix a été paraphé. C’est sur cette base que nous devons travailler. »

Cependant, sur le terrain, les tensions restent palpables : incidents frontaliers sporadiques, discours politiques antagonistes et absence de mécanismes de confiance solides alimentent un climat d’incertitude.

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