Une portion du gazoduc reliant la Géorgie à l’Arménie sera déplacée afin de contourner la frontière azerbaïdjanaise

Un nouveau tronçon de 5,5 km du gazoduc « Kazakh–Saguramo », qui alimente l’Arménie via la Géorgie, sera construit dans la région de Marneouli, en Géorgie, afin de contourner une zone minée située à proximité de la frontière avec l’Azerbaïdjan. C’est ce qui ressort d’un dossier publié par l’Agence nationale de l’environnement de Géorgie.
Selon la Société géorgienne du pétrole et du gaz, la nécessité de ce projet découle du fait que le dernier kilomètre du gazoduc existant se trouve dans une zone de jonction entre les frontières de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, laquelle a été minée durant les conflits des années 1990. Dans cette zone, il est impossible d’effectuer des opérations de maintenance technique ou des travaux de réparation d’urgence, ce qui met en danger la continuité de l’approvisionnement en gaz de l’Arménie.
Les documents précisent qu’avant 1990, l’Arménie recevait du gaz depuis l’Azerbaïdjan via le gazoduc « Kazakh–Erevan ». Cependant, en raison de l’intensification du conflit, l’Azerbaïdjan avait unilatéralement interrompu les livraisons. Par la suite, un accord interétatique entre l’Arménie, la Géorgie et la Russie a permis d’acheminer le gaz russe vers l’Arménie via un nouveau tronçon « Karmir Kamurj–Berd », raccordé à l’axe principal « Vladikavkaz–Tbilissi ».
Dans ce contexte, l’Arménie dépend aujourd’hui presque entièrement du gaz importé de Russie, transitant par la Géorgie, ce qui confère à ce corridor énergétique une importance stratégique majeure. Toute perturbation, qu’elle soit liée à des risques sécuritaires, techniques ou géopolitiques, peut avoir des répercussions directes sur l’approvisionnement du pays. Parallèlement, Erevan a cherché ces dernières années à diversifier ses sources d’énergie, notamment via des importations de gaz en provenance d’Iran dans le cadre d’un mécanisme d’échange gaz-électricité, mais ces volumes restent limités par rapport aux flux en provenance de Russie.
La modernisation et la sécurisation des infrastructures existantes apparaissent donc comme une priorité, dans une région où les lignes énergétiques héritées de l’époque soviétique croisent des frontières devenues sensibles. Le projet de déviation du gazoduc illustre ainsi les contraintes techniques héritées des conflits passés, mais aussi la nécessité d’adapter les infrastructures aux réalités sécuritaires actuelles du Caucase du Sud.
Il a désormais été décidé de déplacer la section problématique du gazoduc hors de la zone minée et de construire un nouveau tronçon à une distance sécurisée. Étant donné que la longueur de cette nouvelle section dépasse 5 kilomètres, le projet devra faire l’objet d’une évaluation environnementale.
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