Moscou ne mène aucune négociation, ni avec Astana ni avec Erevan, concernant un éventuel transfert de la concession de gestion des chemins de fer arméniens au Kazakhstan. C’est ce qu’a déclaré, le 1er avril lors d’un briefing, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.
«L’accord de concession signé en 2008 a une durée de 30 ans, avec une possibilité de prolongation de 10 ans supplémentaires. Depuis de nombreuses années, la société des Chemins de fer du Caucase du Sud s’acquitte de ses obligations contractuelles avec responsabilité, tandis que les investissements russes dans les infrastructures ferroviaires de la république ont dépassé les 30 milliards de roubles. Quant aux négociations au plus haut niveau, l’administration présidentielle les commente, comme toujours», a déclaré Maria Zakharova.
Ces précisions du ministère russe des Affaires étrangères interviennent après la circulation d’informations dans la presse arménienne ainsi que des déclarations du Premier ministre Nikol Pashinyan. Lors d’un point presse avec des journalistes, celui-ci a indiqué que la partie arménienne ne s’opposerait pas à une solution si un consensus était trouvé entre Erevan et Moscou sur l’acceptabilité d’une entreprise kazakhe.
«Nous ne nous y opposerions pas s’il s’avérait qu’il existe un accord entre nous et la Russie selon lequel une entreprise kazakhe serait acceptable pour les deux parties. À ce stade, les discussions évoluent quelque peu différemment, car nos partenaires russes n’ont pas encore dit : “d’accord, faisons-le”. De telles idées existent, mais elles restent pour l’instant à l’état d’hypothèses», avait déclaré le Premier ministre.
En février, Nikol Pashinyan avait déjà exposé sa vision concernant la gestion du réseau ferroviaire, suggérant qu’un pays tiers, ami à la fois de l’Arménie et de la Russie, pourrait racheter à Moscou les droits de gestion.
En janvier, le Premier ministre avait également demandé à la Russie de prendre en urgence une décision concernant la reconstruction de segments clés de l’infrastructure ferroviaire arménienne. À ce jour, Erevan n’a pas reçu de réponse claire de la part de Moscou sur ce dossier.
L’Arménie espère notamment la réhabilitation rapide de plusieurs sections stratégiques placées sous concession russe : le tronçon d’Akhourik, depuis la frontière arméno-turque jusqu’au réseau ferroviaire opérationnel ; le segment entre la frontière arméno-nakhitchevanaise et Yeraskh ; ainsi que la section du Tavouch, incluant la gare d’Ijevan.
Le 25 décembre, Nikol Pashnyan avait déclaré que l’Arménie était prête à financer elle-même la reconstruction de ces infrastructures clés si la partie russe ne réalisait pas les travaux dans des délais appropriés.
En vertu de l’accord signé en 2008 avec la compagnie publique russe « Rossiyskie Jeleznye Dorogi » (RZD), le gouvernement arménien a confié son réseau ferroviaire à la gestion fiduciaire de RZD pour une durée de 30 ans, avec une option de prolongation de 10 ans.
La partie russe s’est engagée à investir dans la modernisation des infrastructures, le renouvellement du matériel roulant et l’amélioration de la sécurité.












