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Arménie–Turquie: des formalités simplifiées pour faire baisser les prix

Arménie–Turquie: des formalités simplifiées pour faire baisser les prix

Les modifications apportées à la législation turque concernant les exportations vers l’Arménie pourraient entraîner une baisse des prix des produits importés. C’est ce qu’a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, le 14 mai, lors d’un échange avec des journalistes dans le cadre de la campagne électorale.

Selon la nouvelle réglementation entrée en vigueur en Turquie, l’Arménie peut désormais être indiquée comme destination finale pour les marchandises exportées depuis la Turquie. Cette évolution technique, en apparence limitée, s’inscrit en réalité dans un processus plus large et délicat de normalisation entre les deux pays, dont les relations diplomatiques restent historiquement tendues.

Depuis 1993, la frontière terrestre entre l’Arménie et la Turquie est fermée, Ankara ayant pris cette décision en soutien à l’Azerbaïdjan dans le contexte du conflit du Haut-Karabakh. En conséquence, aucun commerce direct terrestre n’est possible : les échanges commerciaux existants passent par des pays tiers, principalement la Géorgie. Cette fermeture a non seulement freiné les relations économiques, mais aussi contribué à maintenir une dépendance logistique coûteuse pour les importateurs arméniens.

Malgré cette frontière fermée, un commerce indirect s’est progressivement développé au fil des années. Des produits turcs sont régulièrement présents sur le marché arménien, mais leur acheminement implique des détours administratifs et géographiques. C’est précisément ce mécanisme que la nouvelle réglementation vise à simplifier.

Le ministre a précisé ce que cela implique :

« Auparavant, lorsqu’on essayait d’exporter un produit depuis la Turquie pour ensuite l’importer en Arménie, cela se faisait de la manière suivante : puisqu’il n’existait pas, dans le système, la possibilité d’exporter directement vers l’Arménie, l’exportation était enregistrée comme étant à destination de la Géorgie. En Géorgie, la marchandise était dédouanée, puis elle était à nouveau déclarée comme exportée de Géorgie vers l’Arménie. Cela représentait à la fois un coût financier supplémentaire pour les entrepreneurs et les entreprises, et se répercutait ensuite sur le prix du produit, qui devenait plus cher en Arménie.

Désormais, ce mécanisme ne devrait plus fonctionner. Toute personne qui, auparavant, importait quelque chose depuis la Turquie pourra désormais l’importer directement en Arménie, c’est-à-dire directement du point de vue douanier. La frontière physique reste fermée pour l’instant, mais nous avançons dans cette direction, et je suis convaincu qu’un jour prochain, cette frontière s’ouvrira également, et que les marchandises seront importées de manière directe au sens propre du terme. Pour l’instant, c’est direct sur le plan douanier, tandis que physiquement, les marchandises passeront toujours par la Géorgie, en transit, avant d’entrer en Arménie. Cela devrait également avoir un impact sur les prix », a déclaré le ministre.

Ce changement intervient dans le prolongement du processus de normalisation lancé fin 2021, lorsque l’Arménie et la Turquie ont nommé des envoyés spéciaux et entamé des discussions pour rétablir les relations diplomatiques. Depuis, plusieurs gestes de confiance ont été posés : reprise des vols directs entre Erevan et Istanbul, levée partielle de certaines restrictions commerciales, et discussions sur l’ouverture de la frontière à des catégories spécifiques de voyageurs, notamment les ressortissants de pays tiers.

Le Comité des recettes de l’État a indiqué que, au 11 mai, les travaux préparatoires procéduraux pour le lancement du commerce direct entre l’Arménie et la Turquie étaient achevés. Cela signifie que, sur le plan administratif et technique, les deux pays sont désormais en mesure de traiter des échanges commerciaux directs, même en l’absence d’ouverture physique de la frontière.

Du côté turc, le ministère des Affaires étrangères a expliqué que la décision de lever les restrictions sur le commerce bilatéral avec l’Arménie s’inscrivait dans le processus de renforcement de la confiance engagé entre les deux pays depuis 2022. Ce processus reste toutefois fragile et étroitement lié aux dynamiques régionales, notamment aux relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

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