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La visite du vice-président iranien était liée à la construction de l'autoroute Nord-Sud, affirme le ministre arménien

La visite du vice-président iranien était liée à la construction de l'autoroute Nord-Sud, affirme le ministre arménien

Par Siranush Adamyan

La visite du vice-président iranien en Arménie à la fin du mois de juin avait pour objectif principal de marquer le lancement des travaux d'un tunnel stratégique de l'autoroute Nord-Sud, a déclaré le ministre arménien de l'Administration territoriale et des Infrastructures, soulignant l'implication directe de Téhéran dans ce projet à travers une entreprise iranienne chargée des travaux.

Le vice-président iranien et chef de l'Organisation du Plan et du Budget, Seyed Hamid Pourmohammadi, s'est rendu en Arménie pour participer à la cérémonie de lancement de la construction du tunnel de Kajaran, a indiqué le ministre Davit Khoudatyan dans une interview diffusée le 30 juin par la Télévision publique arménienne.

Au cours de sa visite, Pourmohammadi s'est entretenu avec le Premier ministre Nikol Pachinian à Erevan. Les discussions ont porté sur les infrastructures frontalières, notamment la construction d'un deuxième pont et d'un nouveau terminal, ainsi que sur le renforcement de la coopération énergétique entre les deux pays.

Selon Davit Khoudatyan, le choix du vice-président iranien pour inaugurer le chantier illustre l'implication directe de Téhéran dans ce projet. « Les travaux sur ce tronçon sont réalisés par une entreprise contractante iranienne », a-t-il expliqué.

Le tunnel de Kajaran, d'une longueur de 7,2 kilomètres, devrait être achevé dans un délai de six ans, selon le ministre. Il est construit par la même entreprise qui réalise déjà le tronçon routier Kajaran-Agarak, long de 32 kilomètres, dont plus de la moitié des travaux est déjà terminée. Cette section devrait être ouverte à la circulation fin 2027 ou début 2028.

Un deuxième tunnel, celui de Bargouchat, est également prévu. Long de 8,6 kilomètres, il devrait entrer en phase de construction l'année prochaine. Au total, les tunnels de la partie sud de l'autoroute Nord-Sud représenteront environ 21 kilomètres, auxquels s'ajouteront des dizaines de ponts, dont plusieurs sont déjà en cours de construction, a précisé Khoudatyan.

Interrogé sur la date d'achèvement de l'ensemble de l'autoroute Nord-Sud, le ministre s'est montré optimiste. « Notre génération le verra », a-t-il déclaré, estimant qu'au rythme actuel des travaux, la liaison sud du projet, y compris le tronçon Artachat-Sissian, pourrait être achevée dans un délai de sept à huit ans.

Selon lui, l'achèvement de cette infrastructure permettra de réduire de moitié le temps de trajet entre les frontières géorgienne et iranienne de l'Arménie, passant d'environ dix heures à cinq heures. Le trajet Erevan-Meghri serait, quant à lui, ramené d'environ six heures et demie à quatre heures.

Le ministre a souligné que ces gains de temps réduiront les coûts logistiques du transport de marchandises et de passagers, tout en renforçant le rôle de l'Arménie comme plateforme de transit régionale, un atout qu'il juge de plus en plus important dans un contexte de tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Davit Khoudatyan a également évoqué la transformation économique de Meghri pour répondre aux critiques de l'opposition, qui accuse le gouvernement de « céder » cette ville frontalière dans le cadre du projet. « Meghri n'a jamais connu un chantier d'infrastructures d'une telle ampleur », a-t-il affirmé, précisant qu'il se rend dans la région une douzaine de fois par an.

Le lancement des travaux du tunnel intervient alors que les autorités arméniennes poursuivent parallèlement leurs discussions sur la connectivité régionale. Khoudatyan a indiqué avoir rencontré le ministre turc des Transports en marge d'un forum sur la connectivité organisé par l'Union européenne à Bruxelles.

Les deux responsables ont évoqué les infrastructures frontalières, une éventuelle réouverture des points de passage entre les deux pays ainsi que la construction d'un nouveau pont à Margara, principal poste-frontière entre l'Arménie et la Turquie, fermé depuis 1993.

De son côté, le ministre turc des Transports et des Infrastructures, Abdulkadir Uraloğlu, a confirmé cette rencontre sur le réseau social X. Il a indiqué que les discussions avaient également porté sur la restauration du pont historique d'Ani, un projet conjoint approuvé par l'Arménie et la Turquie au mois de mai.

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