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Des milliers de vieux véhicules pourraient constituer une source encore inexploitée de ferraille en Arménie

Des milliers de vieux véhicules pourraient constituer une source encore inexploitée de ferraille en Arménie

Par Lia Avagyan

Des milliers de véhicules en fin de vie en Arménie pourraient constituer une source supplémentaire de ferraille pour l’industrie métallurgique en plein développement du pays. Mais en l’absence d’un système formel de collecte, une grande partie de ces matériaux reste aujourd’hui inutilisée, selon un rapport publié mardi.

Le rapport, intitulé Étude sur les possibilités d’une économie circulaire inclusive en Arménie : analyse des chaînes de valeur et préparé par les cabinets de conseil Ameria Management Advisory et Modex, examine le secteur arménien des métaux, ainsi que plusieurs autres industries, sous l’angle de l’efficacité des ressources et de l’économie circulaire.

Selon les estimations citées dans l’étude, l’Arménie compterait environ 10 000 véhicules susceptibles d’être mis à la casse. Une voiture particulière contient en moyenne environ 500 kilogrammes de métal récupérable, ce qui signifie que ces véhicules pourraient représenter près de 5 000 tonnes de métal s’ils étaient correctement recyclés.

Cependant, de nombreux véhicules anciens n’intègrent jamais les circuits officiels de recyclage. Selon le rapport, les voitures arrivées en fin de vie sont souvent abandonnées dans des terrains privés ou dans des cimetières automobiles informels, plutôt que démontées et transformées en ferraille.

L’Arménie constitue en grande partie la destination finale des véhicules importés : les voitures ont donc tendance à rester dans le pays une fois leur durée de vie utile arrivée à son terme. Cela crée potentiellement un stock intérieur important de métaux recyclables.

Le rapport souligne toutefois l’absence d’un mécanisme officiel permettant d’intégrer ces véhicules au système de recyclage. En Arménie, les propriétaires ne sont pas tenus de remettre leur véhicule en fin de vie à un collecteur agréé lorsqu’ils procèdent à sa radiation administrative.

Des représentants d’ASCE, l’un des principaux transformateurs de ferraille en Arménie, ont indiqué aux auteurs de l’étude que l’entreprise était en mesure de traiter pratiquement tous les types de ferraille, y compris les carcasses automobiles, à condition que les véhicules aient été préalablement démontés.

Selon le rapport, la direction de l’entreprise a proposé l’introduction d’une réglementation obligeant les propriétaires à remettre les véhicules en fin de vie à des points de collecte agréés au moment de leur radiation.

La demande de ferraille augmente

La question de ces véhicules inexploités devient d’autant plus importante que l’industrie métallurgique arménienne consomme des quantités croissantes de ferraille.

En 2021, le gouvernement a restreint les exportations de déchets de métaux ferreux et non ferreux afin d’encourager leur transformation sur le territoire arménien. Depuis, l’utilisation domestique de ferraille aurait augmenté d’environ 65 à 70 %, tandis que les autorités se sont fixé pour objectif de transformer jusqu’à 250 000 tonnes par an.

Cette politique a permis de rediriger vers les producteurs arméniens des matériaux qui étaient auparavant exportés vers des marchés comme la Turquie, l’Iran et les pays de l’Union économique eurasiatique.

Mais l’augmentation de la transformation locale exerce également une pression croissante sur les ressources limitées de l’Arménie en ferraille. Selon le rapport, la concurrence pour les matériaux disponibles s’intensifie, tandis que certains stocks accumulés au cours des décennies précédentes commencent à s’épuiser. Les réserves de déchets de fonte, par exemple, seraient désormais proches de l’épuisement.

Les importations restent par ailleurs négligeables, ce qui rend l’industrie fortement dépendante de la ferraille produite et collectée à l’intérieur du pays.

La récupération des quelque 5 000 tonnes de métal contenues dans les véhicules anciens ne couvrirait certes qu’une petite partie des besoins globaux de l’Arménie en ferraille. Le rapport identifie néanmoins les véhicules en fin de vie comme l’un des domaines où une meilleure réglementation et un système de collecte plus efficace permettraient de remettre dans le circuit productif des matériaux déjà présents dans le pays, plutôt que de les laisser inutilisés dans des terrains privés ou des décharges informelles.

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