L’Arménie débloque près de 9,5 millions d’euros pour soutenir ses exportations agricoles en septembre

Le gouvernement arménien prolonge son soutien aux exportateurs agricoles. Près de 4 milliards de drams, soit environ 9,5 millions d’euros, seront mobilisés en septembre pour aider les producteurs et transformateurs à écouler leurs fruits et certains produits alimentaires et boissons à l’étranger.
La décision intervient dans une période délicate pour le secteur agricole arménien, traditionnellement très dépendant du marché russe. Ces derniers mois, plusieurs producteurs arméniens ont rencontré des difficultés pour exporter vers la Russie en raison de restrictions et de contrôles phytosanitaires renforcés imposés par Moscou. Le sujet a notamment été abordé le 13 août lors d’une rencontre entre le ministre arménien de l’Économie, Gevorg Papoyan, et la ministre russe de l’Agriculture, Oksana Lut. Les deux parties avaient alors discuté de la levée des restrictions touchant certaines entreprises arméniennes et du transit des marchandises arméniennes par la Russie.
C’est dans ce contexte que le gouvernement cherche à soutenir les producteurs tout en diversifiant progressivement les débouchés à l’étranger.
Jusqu’à 47 centimes par kilo de fruits exportés
Lors de sa réunion du 3 septembre, le gouvernement a décidé de prolonger jusqu’à la fin du mois le programme de compensation des exportations. Sur les quelque 4 milliards de drams prévus, 525 millions, soit environ 1,24 million d’euros, seront consacrés au secteur de la transformation.
Pour septembre, les montants ont été adaptés aux produits actuellement en pleine saison. Les exportateurs recevront ainsi 150 drams, environ 0,36 euro, pour chaque kilogramme de pommes, de poires ou de raisin exporté.
La compensation atteindra 200 drams, soit environ 0,47 euro par kilogramme, pour les prunes, les pêches, les nectarines et les figues.
Ces aides ne sont pas entièrement nouvelles. Le programme a évolué au fil de la saison agricole. En août, par exemple, les pommes et les poires bénéficiaient déjà d’une compensation de 150 drams par kilogramme, tandis que les prunes, pêches et nectarines étaient soutenues à hauteur de 200 drams. En juin, le dispositif concernait notamment les abricots, les cerises, les vins embouteillés, le cognac et l’eau minérale.
Cognac et pâte de tomate également concernés
Le gouvernement ne cible pas uniquement les fruits frais. Les produits transformés et à plus forte valeur ajoutée font également partie du dispositif.
Pour le cognac arménien embouteillé, la compensation reste fixée à 830 drams par litre d’alcool absolu exporté, soit environ 1,97 euro. La pâte de tomate bénéficiera, elle, d’une aide de 150 drams, environ 0,36 euro.
Cette dernière mesure intervient alors que la filière de la tomate traverse elle aussi une période compliquée. Le ministère de l’Économie a récemment constaté que les volumes importants de pâte de tomate importée avaient contribué à réduire la demande pour les tomates produites localement et créé des difficultés pour leur transformation et leur exportation. Le gouvernement a ainsi décidé début août de suspendre pour six mois les importations de certaines catégories de pâte de tomate.
Le soutien ne s’arrête pas à l’exportation. Du 1er septembre au 1er octobre, les entreprises achetant des pêches destinées à la transformation bénéficieront d’une compensation de 125 drams par kilogramme, soit près de 0,30 euro. Le même montant est prévu pour les figues achetées auprès des producteurs de la région de Syunik. Un dispositif similaire était déjà appliqué dans la seconde moitié du mois d’août.
Des produits arméniens déjà exportés vers 24 pays
Selon le ministère de l’Économie, entre juin et août, les produits agricoles, alimentaires et les boissons concernés par le programme ont été exportés vers 24 pays.
Le dispositif avait été lancé au début de l’été avec un objectif affiché : maintenir la compétitivité des produits arméniens sur les marchés étrangers et réduire progressivement la dépendance à un nombre limité de destinations. Dès juin, le gouvernement avait notamment introduit des compensations pour les exportateurs de tomates, poivrons, fraises et fleurs cultivés sous serre. Il avait parallèlement prévu de prendre en charge les droits de douane pour certaines exportations de fruits, légumes et fleurs vers l’Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada.
La liste des produits soutenus évolue toutefois avec les saisons. En septembre, les cerises, framboises, mûres et cornouilles en ont été retirées, leur période principale de commercialisation étant passée.
Avec près de 9,5 millions d’euros supplémentaires engagés pour le seul mois de septembre, le gouvernement espère à la fois éviter des difficultés d’écoulement pour les récoltes actuelles et encourager les exportateurs arméniens à développer de nouveaux marchés au-delà de leurs débouchés traditionnels.
Ani Paitjan










