L’état de santé de la femme blessée par balle par un militaire azerbaïdjanais dans le village de Shaki, dans la région arménienne de Syunik, est stable et sa vie n’est pas en danger, a annoncé le 2 octobre la ministre arménienne de la Santé, Anahit Avanesyan.
Selon la ministre, la victime reçoit les soins médicaux nécessaires et adaptés à son état. Ses deux enfants, qui ont également été blessés lors de l’incident, sont dans un état jugé satisfaisant et ont reçu une assistance médicale et psychologique.
Le Parquet général d’Arménie a entre-temps fourni de nouveaux détails sur les circonstances de l’incident, survenu le 1er octobre à Shaki, dans la commune de Sisian.
Selon le Parquet, vers 14 heures, un ressortissant azerbaïdjanais et militaire, identifié comme Nasimi Musaev, est entré illégalement dans une maison située rue 6 à Shaki. Après avoir été découvert à l’intérieur du domicile, il a ouvert le feu avec son arme. Une femme née en 1987 a été blessée.
À 14 h 17, les services d’urgence arméniens ont reçu l’appel d'un habitant signalant qu’un homme était entré dans leur maison et avait tiré sur sa mère à la jambe. L’information a été transmise à la police de Sisian.
Après les tirs, le militaire azerbaïdjanais a pris la fuite. Les forces de l’ordre l’ont ensuite retrouvé à une autre adresse de la même rue, avant de l’arrêter à 15 h 30. Il a été remis aux autorités chargées de l’enquête.
La femme blessée a d’abord été transportée au centre médical de Sisian, où elle a reçu des soins, avant d’être transférée à Erevan.
Ses deux enfants, nés en 2011 et 2014, ont eux aussi dû recevoir des soins pour des blessures corporelles. Selon le Parquet, l’enfant né en 2014 présentait une contusion des tissus mous, tandis que celui né en 2011 souffrait d’une fracture du poignet droit.
Une procédure pénale a été ouverte par le département d’enquête de Sisian du Comité d’enquête arménien. Des prélèvements ont été effectués sur les lieux et une expertise médico-légale a été ordonnée.
Le militaire avait quitté son unité deux jours auparavant
L’incident intervient deux jours après la disparition du militaire de son unité en Azerbaïdjan.
Selon le Service national de sécurité arménien (SNS), les autorités azerbaïdjanaises avaient informé leurs homologues arméniennes dès le 29 septembre qu’un militaire avait quitté son lieu de service dans des circonstances encore inconnues. Elles n’excluaient pas qu’il ait franchi illégalement la frontière arménienne.
À la suite de cette notification, les autorités compétentes des deux pays avaient engagé des opérations de recherche.
Ce n’est que le 1er octobre que le militaire a été localisé, après l’incident à Shaki. À 14 h 15, le centre opérationnel 112 du ministère arménien de l’Intérieur avait reçu un premier signalement faisant état d’une personne blessée par balle à la jambe dans le village. Plusieurs unités de police avaient alors été dépêchées sur place.
Les autorités arméniennes ont également informé la partie azerbaïdjanaise des circonstances de l’incident.
L’enquête doit désormais déterminer les circonstances dans lesquelles le militaire a quitté son unité en Azerbaïdjan, franchi la frontière arménienne et atteint Shaki, ainsi que le déroulement précis des faits ayant conduit aux tirs.
Ani Paitjan











