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Évoquer les dégâts causés par l’Azerbaïdjan dans la réserve de Chikahogh lors de la COP17 serait contraire aux principes de la présidence arménienne, selon le ministre

La réserve de Chikahogh. Capture d’écran.

La réserve de Chikahogh. Capture d’écran.

Par Karen Harutyunyan

L’Arménie violerait les principes de sa présidence de la COP17 si elle utilisait cette plateforme de négociations multilatérales pour évoquer les dommages environnementaux liés à la présence militaire azerbaïdjanaise dans la réserve de Chikahogh, a déclaré le ministre de l’Environnement, Hambardzum Matevosyan, à CivilNet.

Dans un entretien enregistré vendredi, Hambardzum Matevosyan a expliqué que ces questions étaient abordées dans le cadre de discussions bilatérales. L’intégralité de l’entretien, réalisé en arménien, sera publiée lundi.

« Mais porter ces questions devant la COP, qui est une plateforme de négociations multilatérales et non bilatérales, serait, à mon avis, une grave erreur. Nous violerions nous-mêmes les principes de notre présidence », a-t-il déclaré.

L’Arménie accueillera les principales négociations de la COP17 du 19 au 30 octobre, précédées d’un sommet des dirigeants le 15 octobre. Cette conférence réunira les parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique afin d’évaluer les progrès réalisés vers les objectifs mondiaux de conservation de la nature.

Hambardzum Matevosyan répondait à une question concernant la protection des réserves naturelles touchées par l’occupation militaire, notamment les informations faisant état d’abattages d’arbres dans la réserve de Chikahogh, située dans la région du Syunik, dans le sud de l’Arménie.

Dans un reportage publié en juin par Azatutyun, le service arménien de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), des habitants affirmaient que les militaires azerbaïdjanais abattaient des arbres pour construire des routes et aménager des positions militaires. L’expert forestier Ayser Ghazaryan, qui surveille la zone à l’aide d’images satellites, estimait qu’environ 60 hectares de forêt avaient été détruits et que les coupes se poursuivaient.

Selon ce reportage, Hambardzum Matevosyan avait reconnu l’existence de dommages causés à l’écosystème, tout en précisant que leur ampleur serait évaluée après la délimitation de la frontière. Ayser Ghazaryan estimait, de son côté, que la COP17 constituait une occasion de soulever cette question et de demander le retrait des unités militaires de cette zone protégée, sans compromettre les efforts de paix.

Interrogé par CivilNet sur la nécessité d’aborder malgré tout ces dégâts, puisqu’ils concernent directement la biodiversité, Hambardzum Matevosyan a établi une distinction entre les préoccupations nationales de l’Arménie et son rôle de présidente de la conférence.

« Nous discutons bien entendu de ces questions, mais pas dans le cadre de la COP, en notre qualité de présidence de la conférence. Nous les abordons lors de nos rencontres bilatérales et de diverses discussions, qui ne sont pas toujours publiques », a-t-il expliqué.

Il a ajouté qu’en tant que responsable politique et citoyen arménien, sa priorité absolue était de préserver et de faire progresser le processus de paix.

Prisonniers arméniens et neutralité

Interrogé sur la possibilité que l’Arménie soulève, pendant la COP17, la question du retour des prisonniers arméniens détenus en Azerbaïdjan, Hambardzum Matevosyan n’a pas apporté de réponse directe. Il a souligné que son rôle de président de la conférence exigeait une certaine neutralité et a renvoyé la question aux autres responsables compétents.

« En tant que président de la COP17, je me suis engagé à faire preuve de la plus grande neutralité possible », a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant la portée politique de la conférence, il a estimé que les questions géopolitiques devaient, dans la mesure du possible, rester distinctes des négociations environnementales, afin de parvenir aux meilleurs résultats.

L’Arménie n’avait pas non plus évoqué publiquement la question des prisonniers lors des deux sommets européens organisés à Erevan en mai : le sommet de la Communauté politique européenne, le 4 mai, et le premier sommet Union européenne–Arménie, le 5 mai.

Avant ces rencontres, le Premier ministre Nikol Pachinian avait déclaré qu’aborder la question des prisonniers avec les partenaires européens ne serait pas efficace et qu’il convenait plutôt de la traiter dans le cadre de contacts directs avec Bakou.

Lors du sommet de la Communauté politique européenne, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev avait qualifié de « criminels de guerre » les anciens responsables du Haut-Karabakh emprisonnés à Bakou. Nikol Pachinian n’avait pas réagi publiquement à ces propos.

Les autorités arméniennes maintiennent que le retour des détenus reste inscrit à l’ordre du jour des négociations avec l’Azerbaïdjan.

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