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Au Congrès, «Un soutien bipartisan clair» à l’Arménie, selon les membres

Au Congrès, «Un soutien bipartisan clair» à l’Arménie, selon les membres

Par Paul Vartan Sookiasian

Traduction par Arsinée Donoyan

Les membres de l'influente Commission américaine d'Helsinki ont indiqué mardi que le Congrès était prêt à fournir un soutien supplémentaire à l'Arménie, mais n'ont fourni aucun détail sur les futures mesures politiques dans cette direction.

«Il existe un soutien bipartisan clair pour que les États-Unis intensifient leur soutien à l’Arménie», a déclaré le représentant Joe Wilson (RS.C.). «L’aide, à la fois économique et politique, contribuera à consolider les acquis démocratiques arméniens, à renforcer ses institutions et à constituer un rempart contre les menaces extérieures.»

C’est ainsi que s’est exprimé Wilson  lors d'une audition autour du thème «Soutenir la démocratie de l'Arménie et l'avenir occidental» organisée par la Commission d'Helsinki, une agence gouvernementale américaine qui promeut la démocratie et les droits de l'homme dans le monde.

À cette fin, les témoins experts présents à l’audience ont exhorté à plusieurs reprises les États-Unis à accroître leur soutien aux plus de 100 000 Arméniens déplacés de force du Haut-Karabakh en septembre dernier. Depuis septembre 2020, l’aide humanitaire totale des États-Unis pour le  Haut-Karabakh a atteint près de 31 millions de dollars, selon une fiche d’information de l’USAID du mois d’avril.

«L'intégration à long terme des réfugiés arméniens du Karabakh est une tâche ardue qui nécessite un soutien international substantiel. Si elles ne sont pas résolues, les problèmes socio-économiques qui en résulteront pourraient ébranler la cohésion sociale dans la société arménienne», a déclaré aux membres de la commission Tigran Grigoryan, président du groupe de réflexion Centre régional pour la démocratie et la sécurité basé à Erevan et contributeur de CivilNet.

Faisant écho à ce point, Olesya Vardanyan, experte en sécurité du Caucase du Sud, a encouragé les États-Unis à fournir également leur expertise dans la gestion efficace des déplacements à grande échelle sur le long terme.

Abordant la question clé des efforts en cours pour parvenir à un accord de normalisation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, Grigoryan a soutenu que le plus important est que les États-Unis doivent aider l'Arménie à se défendre, notant qu'il existe actuellement «un énorme déséquilibre des pouvoirs» que l'Azerbaïdjan pourrait exploiter à l’avenir.

En outre, Grigorian a averti qu'«il y aura encore beaucoup de questions non résolues après la signature du traité», ajoutant : «nous pourrions toujours nous retrouver dans une situation très instable même si un traité de paix est signé».

De même, Vardanyan a averti que «si l’Azerbaïdjan poursuivait la capitulation totale de l’Arménie, ses forces pourraient en quelques heures s’emparer des infrastructures critiques, en particulier dans les régions vulnérables du sud de l’Arménie».

Le sénateur Ben Cardin (Démocrate-Md.), qui co-préside la Commission d'Helsinki et dirige la commission sénatoriale des relations étrangères, a exprimé sa frustration face à l'état des négociations, notant spécifiquement que le projet actuel omet de répondre au droit des Arméniens de retourner au Haut-Karabagh, et l’occupation continue de l'Azerbaïdjan d'environ 83 kilomètres carrés de territoire arménien.

 «Je ne suis pas sûr que l'accord de paix soit très juste», a déclaré Cardin.

Encore est-il qu’un autre témoin expert, Dan Baer, ​​vice-président principal de la recherche politique au groupe de réflexion Carnegie Endowment for International Peace, basé à Washington, a encouragé les États-Unis et leurs partenaires à poursuivre l’offre  de soutien politique, diplomatique et économique au processus de normalisation.

À cette fin, Baer a suggéré de créer des partenariats de sécurité et de défense avec l'Arménie, comme un certain nombre de pays occidentaux l'ont fait avec l'Ukraine depuis l'invasion à grande échelle de la Russie en 2022, afin de «donner confiance aux Arméniens alors que leurs dirigeants prennent des mesures difficiles pour réduire leur dépendance vis-à-vis de  Moscou et façonner un avenir indépendant.»

Ce point sur la dépendance de l’Arménie à l’égard de la Russie a été évoqué à plusieurs reprises lors de l’audience et a semblé être un point majeur pour un certain nombre de membres de la commission.

Pour sa part, Grigorian a souligné qu’il n’existe pas de solution miracle pour réduire la dépendance de l’Arménie à l’égard de la Russie, mais il s’est montré optimiste quant à la capacité du pays à s’éloigner du Kremlin à moyen et long terme.

«La Russie est assez faible en ce moment et c'est une opportunité pour des pays comme l'Arménie d'avoir une politique étrangère plus audacieuse», a affirmé Grigoryan.

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