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Cruauté envers les animaux: Première arrestation historique en Arménie

Cruauté envers les animaux: Première arrestation historique en Arménie

En septembre dernier, les autorités arméniennes ont procédé à leur toute première arrestation pour cruauté envers les animaux après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo dérangeante montrant un homme torturant à mort un chat, prétendument pour avoir tué son pigeon.

Le suspect a été détenu pendant 72 heures avant d'être libéré sous restrictions de déplacement. Le Comité d'enquête a engagé des poursuites pénales pour traitement particulièrement cruel d'animaux en groupe, une infraction passible de sanctions allant d'une amende à trois ans d'emprisonnement.

Si les cas de maltraitance animale ne sont pas rares en Arménie, cette affaire marque un tournant important.

"Le système judiciaire et policier général adopte généralement une approche très dédaigneuse dans ce genre de cas. La pression publique a joué un rôle crucial dans cette affaire", déclare Ovsanna Hovsepyan, défenseuse des droits des animaux et fondatrice de l'ONG "DINGO team".

Ovsanna Hovsepyan

Marina Poghosyan, militante des droits de l'homme, souligne l'importance de cette première arrestation : “Cette affaire est devenue un catalyseur pour l'application de la loi. La loi n'a pas fonctionné de manière indépendante, elle a fonctionné grâce à la pression publique.”

Selon Datalex, une base de données d'informations judiciaires, entre 2019 et 2022, seuls 49 signalements de cruauté envers les animaux ont été déposés auprès de la police, et 48 cas ont donné lieu à des poursuites pénales. Parmi ceux-ci, seuls six ont été portés devant les tribunaux. Cinq accusés ont été acquittés, tandis que les autres cas ont donné lieu à des amendes minimes d'environ 200 dollars.

Besoin d'une législation complète

Les experts estiment que l'Arménie a besoin d'une législation plus complète sur le bien-être animal au-delà de la simple répression de la cruauté.

“Nous avons besoin de réglementations concernant les animaux de compagnie, les animaux errants, les refuges et d'autres questions”, explique Hovsepyan. “Par exemple, l'élevage canin devrait être limité aux clubs agréés et il devrait y avoir un contrôle sur la possession d'animaux de compagnie.”

L'urgence d'une telle législation est soulignée par les 8 066 attaques d'animaux sur des humains signalées en Arménie cette année seulement. Les défenseurs des droits des animaux soulignent la nécessité de programmes éducatifs, notamment dans les écoles, pour apprendre aux enfants à interagir en toute sécurité avec les animaux errants.

“Les incidents entre enfants et chiens se produisent fréquemment parce que les enfants ne connaissent pas les règles de base de l'interaction avec les chiens”, note Hovsepyan. Elle souligne que les parents inculquent parfois artificiellement la peur des chiens à leurs enfants, au lieu de leur apprendre à interagir correctement.

Une autre préoccupation majeure en Arménie est la chasse illégale d'animaux sauvages, y compris certaines espèces en voie de disparition inscrites dans le Livre rouge. Ceux qui peuvent se le permettre, non seulement se livrent au braconnage, mais entretiennent également des ménageries privées illégales sur leurs terrains, en gardant des lions, des tigres, des ours, des cerfs et d'autres animaux sauvages dans des conditions dangereuses. Certains sont même gardés dans des cages exiguës dans des restaurants dans des conditions déplorables pour divertir les clients. Ces problèmes persistent en grande partie sans contrôle en raison d'une surveillance gouvernementale insuffisante.

Le Parlement élabore actuellement une nouvelle loi intitulée « Sur le traitement responsable des animaux». Cette loi complète établira les exigences pour un traitement responsable des animaux et définira le cadre de la surveillance gouvernementale. En vertu de la nouvelle loi, tous les animaux devront être munis d'une puce électronique contenant des informations sur l'animal et son propriétaire, et de nouveaux refuges seront construits.

La législation proposée vise à résoudre plusieurs problèmes : réduire les populations d'animaux errants, diminuer les attaques d'animaux sur les humains, accroître la responsabilité des propriétaires et, à terme, réduire les cas de cruauté envers les animaux.

Cette arrestation historique et la législation à venir représentent des avancées significatives dans l'approche évolutive de l'Arménie en matière de bien-être animal, même si les défenseurs soulignent qu'un engagement public continu sera crucial pour une mise en œuvre efficace.

Par Lia Avagyan

Traduction: Ani Paitjan

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