Le représentant américain Frank Pallone (D-NJ) a révélé lundi qu’il avait pu éviter des blessures physiques lors de sa participation à la conférence sur le climat COP29 à Bakou grâce à l’intervention du département d’État américain. « Si ce n’était pas pour le fait que la sécurité que l’ambassade [des États-Unis] avait engagée pour me protéger, j’aurais été à l’hôpital », a déclaré Pallone lors d’une conférence de presse au Capitole à Washington.
Ce n’est que le dernier rebondissement en date de l’agenda du sommet de l’ONU pour sauver la planète des effets du changement climatique. Selon CNN, la COP29 a “dégénéré en un cirque de boycotts, de tirades politiques et de célébrations des énergies fossiles”, avec son hôte, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, agissant comme “son spectaculaire maître de cérémonie”.
Pallone, le coprésident du caucus arménien du Congrès, était en Azerbaïdjan dans le cadre d’une délégation bipartite du Congrès pour réaffirmer l’engagement des États-Unis dans la lutte contre le changement climatique. Des vidéos diffusées par les médias azerbaïdjanais montrent Pallone bousculé par des manifestants hostiles qu’il a qualifiés de “voyous” et qui l’attendaient devant son hôtel. Il a également été assailli par des journalistes hostiles alors qu’il parcourait le labyrinthe du centre de conférence. Pallone a affirmé que ces événements à son encontre étaient tous orchestrés par le gouvernement azerbaïdjanais, qui contrôle les médias et la plupart des aspects de la vie dans le pays.
Pallone a également souligné que l’hôtel dans lequel il a été logé par les organisateurs, le Baku Marriott, qui se trouve être situé à côté du célèbre « parc de la victoire » qui vilipende les Arméniens, appartient au gouvernement azerbaïdjanais. Il a déclaré qu’il n’avait pas été autorisé à entrer par l’entrée arrière et qu’il avait donc été contraint de traverser la foule hostile.
Pallone a été rejoint lors de la conférence de presse par le sénateur Ed Markey (D-MA), un autre membre de la délégation qui a déclaré avoir également eu besoin d’un garde du corps pendant toute la durée de son séjour à Bakou. Markey et Pallone siègent chacun à des comités du Congrès concernés par la COP29, ceux sur l’environnement et l’énergie, respectivement. Ils ont déclaré qu’en plus d’aborder les questions climatiques à la COP29, ils étaient là pour soulever des questions de droits de l’homme, car de nombreux observateurs ont accusé l’Azerbaïdjan d’utiliser la conférence pour « verdir » et « pacifier » sa réputation dans un contexte de nouvelle répression gouvernementale contre les militants et les journalistes.
Lors de son séjour à Bakou, Markey a été rejoint lors d’une conférence de presse par le sénateur Sheldon Whitehouse (D-RI) pour demander la libération de tous les prisonniers politiques arméniens et azerbaïdjanais et pour permettre le droit au retour des habitants du Haut-Karabakh. Lorsque des journalistes azerbaïdjanais ont demandé pourquoi les Etats-Unis n’imposent pas de sanctions sur l’Arménie, Whitehouse a répondu : “Pour le dire gentiment, je suis loin d’être convaincu que les Arméniens soient responsables [du déplacement de la population du Haut-Karabakh en 2023, ndlr.]. Et je ne veux pas m’attarder sur les questions des droits de l’homme de mes hôtes. Mais si tel était le sujet, je ne serais pas très élogieux.”
De retour à Washington, Pallone a souligné que c’est la levée du veto de l’Arménie en décembre dernier qui a ouvert la voie à l’accueil de la COP29 par l’Azerbaïdjan, et a déclaré que cela avait été fait dans le but de faire avancer le processus de normalisation entre les deux pays. Au lieu de cela, le gouvernement azerbaïdjanais a ajouté à ses exigences envers l’Arménie, rendant un accord encore plus inaccessible. Il a également arrêté des membres de la société civile comme Bahruz Samadov, accusés de trahison pour avoir participé à des conférences de paix internationales avec des Arméniens, ce qui a jeté un froid dans tout le secteur.
Pallone a déploré qu’ ”au lieu de devenir une opportunité de réellement avancer vers un accord de paix et de libérer les prisonniers, Aliyev et le gouvernement allaient dans la direction exactement opposée”, une démarche qu’il a qualifiée d’ “incroyablement stupide”.
Pallone a décrit son traitement en Azerbaïdjan comme “un exercice de ce que font les despotes”, en faisant comprendre par la force qu’il n’y a pas de place pour discuter des questions de droits de l’homme. En guise de réprimande, le président Ilham Aliyev a rencontré la délégation du Congrès à condition que Pallone ne participe pas.
La délégation a transmis à Aliyev son message sur l’importance de résoudre les différends entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan uniquement par des moyens pacifiques, mais Aliyev a répliqué en rejetant la responsabilité de tout sur l’Arménie.
“L’idée ici était d’atteindre un objectif positif, et malheureusement, cela a été rejeté”, a conclu Pallone.
Par Paul Vartan Sookiasian
Traduction: Ani Paitjan
Civilnet











