Malgré des promesses d’éliminer l’influence politique dans les universités, le gouvernement arménien maintient toujours un contrôle important sur les établissements d’enseignement supérieur du pays, dévoile une enquête d’Infocom.
L’enquête a révélé que 8 des 12 présidents des conseils d’administration des universités d’État d’Erevan sont des personnes nommées par le pouvoir politique, dont trois sont membres du parti au pouvoir. Cela contraste fortement avec l’engagement pris par le Premier ministre Nikol Pashinyan en 2018 selon lequel « aucun membre du parti ne devrait avoir le droit d’être recteur d’université » et que les universités devraient être « 100 % autonomes ».
Selon l’enquête sur les membres du conseil d’administration nommés par le Premier ministre :
– 22 % occupent des postes politiques
– 5 % occupent des postes politiques tout en étant membres du parti du Contrat civil (le parti au pouvoir)
– 5 % occupent des postes politiques tout en étant des sympathisants ou des affiliés du parti
– 15 % sont des sympathisants ou des affiliés du parti
Ainsi, 47% des personnes nommées par le Premier ministre ont une exposition politique, tandis que 18,3% supplémentaires des personnes nommées par le ministre sont soit des fonctionnaires de l’État, soit des personnes liées au parti au pouvoir.
La situation est devenue particulièrement controversée en 2021, lorsque le Premier ministre Pashinyan a nommé Suren Papikyan, un membre de la direction du Contrat civil, au poste de président du conseil d’administration de l’Université d’État d’Erevan. Défendant cette décision, Pashinyan a affirmé que la nomination visait à « garantir la dépolitisation » du système universitaire.
Un projet de loi sur l’enseignement supérieur et les sciences a été présenté en septembre 2023, proposant d’interdire aux membres du parti d’occuper des postes administratifs supérieurs dans les universités. Cependant, la mise en œuvre de ces restrictions dépend de la version finale de la loi et du regroupement prévu des universités.
La ministre de l’Éducation, Zhanna Andreasyan, a tenté de reformuler la question, en faisant valoir que le problème ne concernait pas l’adhésion individuelle à un parti mais plutôt l’utilisation de l’influence institutionnelle à des fins partisanes. Cependant, cette distinction a été remise en question lorsque Tigran Avinyan, candidat du Contrat civil à la mairie d’Erevan et président du conseil d’administration de l’Université polytechnique, a visité l’université deux jours seulement avant les élections municipales. Des rapports suggèrent que les étudiants ont été incités à assister à sa réunion.
L’enquête met en évidence un écart important entre les promesses répétées du gouvernement de créer un système éducatif libre de toute influence politique et la présence accrue des partis dans les structures de gouvernance des universités.
Par Lia Avagyan
Traduction: Ani Paitjan
Civilnet











