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Une statue inexplorée à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan: Symbole d’un fragile espoir de paix

Une statue inexplorée à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan: Symbole d’un fragile espoir de paix

La partie de la frontière qui sépare la province arménienne de Tavush du district azerbaïdjanais de Gazakh est la plus complexe et la plus difficile à franchir. Non seulement elle est en grande partie non délimitée, mais elle englobe également deux enclaves azerbaïdjanaises abandonnées encerclées de territoire arménien, dangereusement proches de la frontière.

Près de l’une de ces enclaves, Barxudarli, se dresse une mystérieuse statue de femme, connue des Arméniens locaux sous le nom d’Arevik. La statue est devenue un symbole unique du conflit persistant et du fragile espoir de paix entre les deux nations.

Les habitants des villages voisins se souviennent que la statue servait autrefois de lieu de rencontre pour les Arméniens et les Azerbaïdjanais à l’époque soviétique. C’était un lieu de célébration, où les gens chantaient ensemble des chansons, symbole d’un passé commun qui semble aujourd’hui presque inimaginable. La statue était à l’origine surmontée d’une arche métallique, mais elle a été détruite par un vent violent il y a dix ans.

Aujourd’hui, l’enclave azerbaïdjanaise étant abandonnée, la zone s’est transformée en un réseau de tranchées, et la statue se dresse comme un repère silencieux d’une région divisée. Au cours des 30 dernières années, cette zone a été le théâtre de nombreux échanges de prisonniers de guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

“Quand ils m’ont sorti de la voiture, la première chose que j’ai vue, c’était cette statue argentée. Puis j’ai remarqué des troupes arméniennes au loin”, se souvient un militaire arménien capturé pendant la guerre de 2020, dont l’identité a été gardée secrète à sa demande.

Un détail important concernant la statue est qu’elle reste inexplorée et absente de tous les registres officiels. Son architecte est inconnu, tout comme l’année de sa création. CivilNet a contacté l’Union des architectes d’Arménie et les agences concernées pour obtenir des informations sur l’histoire de la statue, mais n’a reçu aucune réponse.

Non loin de la statue se trouve une voie ferrée abandonnée et partiellement détruite qui reliait autrefois l’Arménie soviétique à l’Azerbaïdjan soviétique. Contrairement aux habitants de la ville de Meghri, dans le sud du pays, les habitants de la ville voisine d’Idjevan soutiennent l’idée de rouvrir les liaisons de transport avec l’Azerbaïdjan, bien qu’ils doutent de la capacité du gouvernement à allouer les fonds nécessaires. La ville natale de l'actuel Premier ministre Nikol Pashinyan n'a pas de liaison ferroviaire avec Erevan, et sa gare locale est également abandonnée et en ruine.

La ligne de chemin de fer, construite en 1973 et abandonnée depuis 1989, a été brièvement évoquée lors des discussions tenues par le groupe de travail trilatéral des vice-Premiers ministres d'Arménie, de Russie et d'Azerbaïdjan, visant à rouvrir les voies de transport régionales. Bien que la partie arménienne ait soulevé la question, elle a rapidement disparu de l'ordre du jour, laissant la ligne de chemin de fer comme une relique d'une époque révolue.

Par Gevorg Tosunyan et Alexander Pracht

Traduction: Ani Paitjan

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