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La probabilité d’une attaque azerbaïdjanaise n’est pas élevée. Rapport sur les services de renseignement étrangers d’Arménie

La probabilité d’une attaque azerbaïdjanaise n’est pas élevée. Rapport sur les services de renseignement étrangers d’Arménie

La probabilité d’une attaque militaire azerbaïdjanaise à grande échelle contre l’Arménie en 2025 est considérée comme faible, a déclaré aujourd’hui le Service de renseignement extérieur arménien (FIS) dans son rapport, avertissant que Bakou continuera cependant à provoquer de petites escarmouches dans les zones frontalières pour maintenir les tensions entre les pays.

Arménie-Azerbaïdjan

Le FIS a également noté que la délimitation en cours des frontières pourrait réduire ces risques, mais a remis en question l’engagement de l’Azerbaïdjan en faveur d’une paix véritable.

Le rapport a également développé les facteurs contribuant aux tensions, tels que la rhétorique agressive de l’Azerbaïdjan, l’ingérence dans les affaires intérieures de l’Arménie et les tentatives d’imposer des exigences unilatérales lors des négociations. Il prédit que l’Azerbaïdjan continuera de renforcer ses capacités militaires, à la fois par la formation des troupes et l’acquisition d’armes, tout en restant prêt à mener des opérations rapides.

Cela survient peu de temps après que le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a menacé l’Arménie de guerre lors d’une conférence de presse au début du mois, la qualifiant d’« État fasciste ». Aliyev a réitéré ses demandes concernant le corridor dit de Zangezur, une liaison de transport reliant l’Azerbaïdjan continental à son enclave du Nakhitchevan à travers le territoire arménien. Alors qu’Erevan se dit prête à ouvrir ses frontières dans le cadre d’un accord de normalisation, Bakou insiste sur le fait que ses véhicules devraient pouvoir utiliser le « corridor de Zangezur » sans subir de contrôles aux frontières.

Bien que le rapport ne mentionne pas les zones occupées par l’Azerbaïdjan sur le territoire arménien reconnu internationalement, principalement conquises lors de l’invasion de Bakou en septembre 2022, de nombreux hauts responsables arméniens ont récemment expliqué qu’Erevan cherche à reprendre le contrôle de ces zones par le biais de négociations de démarcation plutôt que par le recours à la force.

OTSC et sécurité régionale

Abordant la sécurité régionale, le FIS a noté que l’évolution des conflits en cours entre Israël et l’Iran, ainsi qu’entre la Russie et l’Ukraine, créera des défis directs et indirects pour l’Arménie. Le potentiel de nouvelles sanctions contre Téhéran et les éventuelles frappes sur ses installations nucléaires pourraient constituer une réelle menace pour Erevan, tant en termes de logistique, d’économie que de sécurité régionale globale, explique le rapport.

Le FIS a exprimé des inquiétudes quant à la crédibilité de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dirigée par la Russie, dont l’Arménie est toujours officiellement membre, malgré la suspension de son adhésion en raison de l’échec du bloc à intervenir lors de l’offensive de l’Azerbaïdjan en 2022. Le rapport suggère que l’incapacité de l’OTSC à répondre aux défis sécuritaires dans le Caucase du Sud a miné sa pertinence, la suspension de l’adhésion de l’Arménie étant susceptible de se poursuivre jusqu’en 2025.

Risques économiques

Les vulnérabilités économiques ont été un autre point majeur du rapport. La dépendance de l’Arménie à l’égard d’acteurs extérieurs a été identifiée comme un point de levier politique potentiel, en particulier à l’approche des élections parlementaires de 2026. Le FIS a averti que les acteurs régionaux pourraient exploiter cette dépendance en créant des défis logistiques pour déstabiliser le pays. L’imposition de sanctions secondaires en raison des liens commerciaux de l’Arménie avec la Russie et l’Iran complique encore davantage la situation. Le rapport conclut que la levée ou l’assouplissement de ces sanctions est peu probable en 2025, laissant l’Arménie exposée à des risques économiques durables.

Sécurité énergétique

La sécurité énergétique reste également un problème urgent, les entreprises russes jouissant d’un monopole presque complet, contrôlant la plupart des producteurs d’énergie arméniens et les réseaux électriques du pays. En outre, Gazprom, le géant russe des combustibles fossiles, fournit environ 90 % de l’approvisionnement en gaz de l’Arménie et possède l’ensemble de son infrastructure de distribution de gaz. Le FIS a souligné que la dépendance de l’Arménie à l’égard des sources d’énergie extérieures la rend vulnérable aux pressions politiques, limitant sa capacité à mener des politiques indépendantes. Cette dépendance, selon le rapport, pourrait être utilisée par les puissances régionales pour influencer la prise de décision de l’Arménie. Le Service de renseignement extérieur de l’Arménie a été créé en 2023 avec du personnel provenant à la fois du Service de sécurité nationale du pays et du ministère de la Défense. Il rend compte directement au Premier ministre. 

Vous pouvez lire le rapport complet en anglais ici.

Par Alexander Pracht

Traduction par Ani Paitjan

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