La mission d'observation de l'UE en Arménie prolongée

Les ambassadeurs des pays de l'Union européenne ont approuvé hier la décision de prolonger deux années consécutives la mission civile de l'UE (EUMA) en Arménie. Les observateurs européens resteront dans les régions frontalières de l'Arménie jusqu'au 19 février 2027.
Le nombre d'observateurs, selon le projet de décision, resteront inchangés : 165 employés internationaux et 44 employés arméniens.
Selon la mission de l'UE en Arménie, cette décision devrait également être approuvée dans un avenir proche par les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE afin de formaliser la décision.
La zone d'observation de la mission, s'étend sur toute la frontière arméno-azerbaïdjanaise, y compris la section du Nakhitchevan, l’exclave azerbaïdjanaise située entre l’Arménie et la Turquie.
Le quartier général de l'EUMA est situé à Yeghegnadzor, dans le sud-est de l’Arménie. La mission possède six bases d'opérations avancées à Yeghegnadzor, Djermouk, Martuni, Kapan, Goris et Ijevan.
La capacité de surveillance de l’Union européenne ne devait être déployée que pour deux mois et a été acceptée à contrecœur par l’Azerbaïdjan, qui a refusé de l’autoriser à opérer de son côté de la frontière commune. À l’issue de sa mission en décembre 2022, Erevan a demandé une mission similaire à celle de l’EUMM en Géorgie. Au grand dam de l’Azerbaïdjan, de l’Iran et de la Russie, la mission a été déployée et a commencé à opérer le 20 février 2023.
Depuis, l’EUMA coordonne toutes ses activités avec les autorités arméniennes. Elle informe également la partie azerbaïdjanaise des développements pertinents, le cas échéant.
Comment est accueilli la nouvelle côté azerbaïdjan, justement?
L’Azerbaïdjan a également clairement fait savoir qu’il souhaitait que la mission soit supprimée comme condition à l’établissement de relations normalisées avec l’Arménie. S’exprimant à Antalya l’année dernière, Toivo Klaar, alors représentant spécial de l’Union européenne pour le Caucase du Sud et la crise en Géorgie, avait estimé que la mission EUMA ne serait plus nécessaire qu’une fois qu’un accord de paix aurait été conclu.
Pour l’Azerbaïdjan, l’EUMA est un exemple inutile d'ingérence extra régionale dans la région du Caucase. Depuis lors, Bakou considère de plus en plus la mission comme faisant partie d'une relation restreinte mais en développement entre Erevan et l'Union européenne sur la coopération dans le domaine de la sécurité.
Bakou a maintes fois demandé le retrait de la mission du côté arménien de la frontière commune, en vain.
Par Ani Paitjan
Civilnet










