C’est ce qu’estime Hakob Vardanyan, expert en énergie et ancien vice-ministre de l'Énergie au ministère de l'Administration territoriale et des Infrastructures.
Selon l’expert, le gaz iranien est presque deux fois plus cher que le gaz russe.
Actuellement, l’Arménie importe du gaz de Russie au prix de 165 dollars les 1000 mètres cubes. Le prix du gaz russe entrant en Arménie est calculé sur la base du pouvoir calorifique. Le prix mensuel réel fluctue autour de 170 dollars.
Selon Hakob Vardanyan, en termes d'importations de gaz, l'Iran ne peut pas être une alternative à la Russie en termes d’importation de gaz. Le problème réside dans la technique d’important pendant les mois hivernaux, pour une période d’au moins quatre mois. Selon l’expert, les capacités d’approvisionnement en gaz dans les régions du nord de l’Iran ne sont pas suffisantes.
L’Arménie importe du gaz d’Iran via le gazoduc Iran-Arménie, mis en service en 2007. Le gazoduc appartient à Gazprom Arménie, filiale du géant russe Gazprom en Arménie et monopole du réseau de distribution de gaz arménien.
Le gazoduc Iran-Arménie est un gazoduc de 140 km de long qui s'étend de l'Iran à l'Arménie. La section iranienne s'étend sur 100 km de long, de Tabriz jusqu'à la frontière Iran-Arménie. La section arménienne s'étend de Meghri à Spandaryan.
Selon l’accord entre les gouvernements arménien et iranien, l’Arménie restitue 3 kWh d’électricité pour chaque mètre cube de gaz importé d’Iran.
Selon Hakob Vardanyan, la demande quotidienne de gaz de l'Arménie pendant les mois d'hiver est de 12 à 16 millions de mètres cubes, et le volume maximum importé depuis la mise en service du gazoduc Arménie-Iran a été de 4,5 millions de mètres cubes par jour. La capacité maximale du gazoduc est de 6 millions de mètres cubes.
Vardanyan note que même l’importation de 4,5 millions de mètres cubes de gaz d’Iran était difficile, surtout pendant les mois froids. « Même en été, c'est-à-dire pendant les mois de faible consommation de gaz, il n'était pas possible d'assurer des importations à long terme en provenance d'Iran. »
Soulignant que le gaz iranien est environ deux fois plus cher que le gaz russe, Vardanyan a déclaré que les partenaires iraniens ont toujours donné l'exemple qu'ils ne peuvent pas nous vendre du gaz moins cher qu'à la Turquie, car ils fournissent des volumes beaucoup plus importants à la Turquie. La valeur calorifique du gaz iranien est également inférieure d’environ 6 % à celle du gaz russe.
Selon Vardanyan, même si le gaz russe devient plus cher pour l’Arménie, il ne sera guère plus cher que le gaz iranien. Il évoque également les problèmes techniques liés au transport du gaz iranien. « Si nous considérons techniquement qu'ils peuvent nous fournir 4 à 4,5 millions de mètres cubes de gaz pendant sept à huit mois au prix russe actuel, nous aurons un problème pendant les mois d'hiver. »
L’Arménie est le pays qui achète le gaz russe le moins cher après la Biélorussie. De nombreux commentateurs considèrent le faible coût du gaz russe comme un prix politique. Moscou s’appuie largement sur le facteur gazier dans sa politique étrangère.
Retrouvez la discussion complète organisée par CivilNet à Erevan sur la sécurité énergétique de l’Arménie ici:
Traduction par Ani Paitjan
Civilnet











