Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a reçu l'ordre de quitter l'Azerbaïdjan, a indiqué le siège du CICR à Genève en réponse à une demande écrite de CivilNet.
« Nous avons été informés de l'intention du gouvernement azerbaïdjanais de fermer la délégation du CICR en Azerbaïdjan. Nous sommes actuellement en contact avec les autorités [azerbaïdjanaises] et ces conversations s'inscrivent dans le cadre de notre dialogue confidentiel et bilatéral », a déclaré le porte-parole de l'organisation dans une réponse reçue mercredi.
La chargée des relations publiques de l'organisation, Aurélie Lachant, a également confirmé l'information aux médias azerbaïdjanais.
La nouvelle avait été annoncée via le média pro-gouvernemental Caliber. Selon le média, la principale raison de cette décision est que l'Azerbaïdjan est désormais en mesure de «relever les défis émergents de manière indépendante », y compris ceux spécifiquement liés au Haut-Karabakh. A part le CICR, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sont également visés par cette décision.
Se concentrant spécifiquement sur le CICR, Caliber a insisté dans son article que l’Azerbaïdjan avait de « sérieux soupçons d’activités hostiles, notamment d’espionnage, de la part du CICR contre l’armée azerbaïdjanaise » pendant la guerre de 44 jours du Haut-Karabakh en 2020.
« Nous avons constaté à maintes reprises que le CICR applique deux poids, deux mesures, avec un chauvinisme anti-turc, une indulgence envers les provocations arméniennes et une indifférence totale aux problèmes des Azerbaïdjanais, entre autres problèmes », a écrit Calibre.
Le CICR est la seule organisation à avoir accès aux prisonniers arméniens actuellement emprisonnés et jugés à Bakou. Sans ses visites, les prisonniers arméniens de Bakou seraient pratiquement coupés du monde extérieur et incapables de rendre compte de leur situation.
Il y a officiellement 23 Arméniens en captivité en Azerbaïdjan, dont 16 personnes capturées après l'attaque de l'Azerbaïdjan contre l'Artsakh les 19 et 20 septembre 2023 : les anciens présidents de l'Artsakh Arkady Ghukasyan, Bako Sahakyan, Arayik Harutyunyan, le président de l'Assemblée nationale Davit Ishkhanyan, l'ancien ministre d'État Ruben Vardanyan, l'ancien commandant de l'armée de défense Levon Mnatsakanyan, l'ancien ministre des Affaires étrangères Davit Babayan et le commandant adjoint de l'armée de défense Davit Manukyan. Bakou les a inculpés de graves chefs d'accusation pouvant conduire à la réclusion à perpétuité.
Par Ani Paitjan
Civilnet











