Sur la place Charles Aznavour, au cœur d’Erevan, face à l’emblématique cinéma Moscou, une nouvelle silhouette est apparue. Pas celle d’un passant, mais celle d’une légende : Charles Aznavour, figé dans un instant d’éternité, chantant La Bohème, bras tendus, regard en vol. Ce 18 juillet, la capitale arménienne a rendu un hommage émouvant à son enfant prodige, à travers une statue sans piédestal, comme pour mieux rappeler que ce chanteur, lui, planait déjà au-dessus des frontières.


L’artiste derrière cette œuvre, David Minasyan, a voulu rompre avec la tradition : pas de socle monumental, pas de posture figée. « Aznavour devait flotter, pas trôner », confie-t-il.
« Son art était mouvement, émotion, souffle. Je voulais qu’il continue de chanter, même en bronze. »
Lors de l’inauguration, Nicolas Aznavour, fils du chanteur et cofondateur de la Fondation Aznavour, a partagé une mémoire intime. Il se souvenait de son père observant la place depuis le balcon de l’Hôtel Erevan, un verre à la main, l’esprit probablement entre deux refrains et trois souvenirs. « Cette place, c’était un théâtre vivant pour lui. Aujourd’hui, il y revient, non pas en visiteur, mais en présence permanente. »

L’ambassadeur de France en Arménie, Olivier Decottignies, a, lui aussi, souligné la double identité qui faisait vibrer Aznavour : « Parisien jusqu’au bout des notes, mais Arménien jusqu’au fond du cœur. Il disait toujours : ‘Je suis 100 % Français et 100 % Arménien.’ Et aujourd’hui, cette statue incarne cette union. »
La place Charles Aznavour devient ainsi un lieu de passage mais aussi de mémoire.

Par Ani Paitjan
Civilnet











