Par Ani Paitjan
À partir du 1er novembre, l’image du mont Ararat ne figurera plus sur le sceau officiel utilisé lors du franchissement de la frontière d’État de l’Arménie. Lors d’un point de presse parlementaire, le député du groupe Contrat civil, Artur Hovhannisyan, a expliqué cette décision du gouvernement.
Selon lui, le sceau de la République d’Arménie, qui est apposé dans les passeports, doit exclusivement refléter les symboles officiels de l’État arménien.
“La République d’Arménie repose sur ses symboles d’État, et le sceau de la République d’Arménie doit exprimer le symbolisme lié à l’État arménien, aux symboles officiels, et donc être exempt de symboles émotionnels ou sentimentaux”, a déclaré Hovhannisyan.
Le député a précisé que l’objectif de cette mesure est d’éviter d’éventuelles mauvaises interprétations concernant la République d’Arménie.
“Nous faisons tout pour que le symbolisme que nous utilisons – sceaux, etc. – découle exclusivement du principe de l’État”, a-t-il ajouté.

Évoquant les relations régionales, Hovhannisyan a souligné :
“Dans nos relations avec nos voisins, nous nous appuyons sur la Déclaration d’Alma-Ata, et chacune de nos actions – qu’il s’agisse d’un sceau ou d’une déclaration – ne doit en aucun cas envoyer de messages dangereux aux États voisins de la République d’Arménie.”
Selon lui, l’Arménie est un État souverain aux frontières reconnues internationalement, et les sceaux qui la représentent doivent refléter uniquement les symboles d’État.
“Je regrette que certains cercles, tout en connaissant parfaitement cette logique simple, tentent de donner une coloration émotionnelle ou sentimentale à cette question. Il n’y a aucune conspiration derrière cette histoire, il n’est pas nécessaire de l’entourer d’un fond émotionnel”, a souligné le député de la majorité.
À la question d’un journaliste sur le fait de savoir si l’image du mont Ararat serait retirée uniquement du sceau ou si l’on envisageait également de la supprimer de l’emblème, Artur Hovhannisyan a répondu :
“Une telle discussion n’existe pas.”
Les Réactions à la décision
Les réactions de l’opposition ne se sont pas fait attendre. L'ancien Ministre des Affaires étrangères sous Robert Kocharyan a rappelé qu’il ne s’agissait pas ici de changer de “design”: “il s’agit de notre dignité, notre histoire, notre dignité.”
“Effacer l’Ararat de nos documents officiels est un dangereux geste d’apaisement. Un gouvernement qui demande d’abandonner nos symboles ne dirige pas, il se soumet.”
Le politologue Sergey Melkonyan a mis en garde dans une publication sur son compte Telegram que “la destruction des symboles mène à la destruction de l’identité — à la fois étatique et nationale.”
Hayk Mamijanian, du bloc d’opposition Pativ Unem, a suggéré qu’Ankara n’avait en réalité pas exigé le retrait de l’Ararat des tampons apposés sur les passeports arméniens.
“On peut sans fin s’étonner de voir avec quel zèle Pachinian est prêt à plaire à la Turquie ou à l’Azerbaïdjan”, a déclaré Mamijanian aux journalistes.
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