Par Ani Paitjan
Le 24 septembre, le tribunal de première instance a reconnu coupable Mgr Mikael Adjapahian, primat du diocèse de Chirak de l’Église apostolique arménienne, pour avoir lancé des appels publics à la prise du pouvoir. La juge Armine Meliksetyan a décidé de maintenir son placement en détention avec restrictions — notamment l’interdiction de s’exprimer dans les médias. La peine sera fixée lors de la prochaine audience prévue le 29 septembre.
Une affaire hors norme
L’accusation porte sur plusieurs déclarations publiques de l’archevêque, en février 2024 et en juin 2025, lors d’interviews accordées à des médias. Selon la justice, il aurait profité de sa position spirituelle et de son influence sur des milliers de fidèles pour appeler à renverser le gouvernement, exprimant son opposition aux choix de politique intérieure et extérieure des autorités arméniennes.
Pour le parquet, ces propos dépassent largement la critique politique et constituent un appel direct à s’emparer du pouvoir par des moyens anticonstitutionnels.
Un prélat influent et controversé
Mgr Mikael Adjapahian n’est pas un inconnu pour l’opinion publique arménienne. Figure respectée de l’Église apostolique, il s’est illustré par ses prises de parole régulières et souvent virulentes contre le gouvernement. Son influence, renforcée par son statut ecclésiastique, lui donnait un poids considérable dans le débat public, en particulier dans la région de Chirak dont il est le primat.
La défense dénonce des violations
Les avocats de l’archevêque rejettent catégoriquement les accusations et dénoncent un procès « mené avec les violations les plus grossières et les plus primitives ». Ils affirment que leur client n’a fait qu’user de sa liberté d’expression pour critiquer les orientations du gouvernement.
Un débat de société
L’affaire Adjapahian divise l’Arménie. Pour certains, il s’agit d’une atteinte inacceptable à la liberté de parole et au rôle moral de l’Église dans la société. Pour d’autres, un homme de foi ne saurait utiliser son autorité religieuse pour appeler à la chute du gouvernement.
Au-delà du cas personnel de Mgr Adjapahian, ce procès interroge sur l’équilibre fragile entre liberté d’expression, rôle des institutions religieuses et protection de l’ordre constitutionnel en Arménie.
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