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L’archevêque Mikael Adjapahyan condamné à deux ans de prison

L’archevêque Mikael Adjapahyan condamné à deux ans de prison

Par Ani Paitjan

L’archevêque Mikael Adjapahyan a été condamné à deux ans de prison. La durée de la peine sera calculée à partir de la date de son arrestation. Le verdict a été rendu le 3 octobre par la juge Armine Meliksetyan. Le procureur public avait, le 29 septembre, demandé une peine de deux ans et six mois d’emprisonnement, en tenant compte de la période déjà passée en détention provisoire. 

Lors de la précédente audience, l’un des avocats de la défense, Yerem Sargsyan, avait rappelé qu’une accusation similaire avait autrefois visé Vazgen Manoukian, figure de l’opposition, condamné alors à une simple amende de 400 000 drams. Il avait également cité d’autres affaires comparables, notant que les tribunaux avaient, dans la majorité des cas, privilégié des peines plus légères que la privation de liberté.

Le contexte de l’affaire

Le 24 septembre, la juge Armine Meliksetyan avait déclaré Mgr Mikael coupable des charges retenues contre lui. L’archevêque conteste catégoriquement cette décision et affirme que le procès est politiquement motivé. 

Selon lui, l’accusation n’a jamais répondu aux dizaines de questions qu’il avait soulevées, préférant se concentrer sur l’usage du mot « coup d’État » qu’il avait prononcé en 2022. Lors d’une audience précédente, il avait ironisé : « Pourquoi n’ai-je pas été accusé en 2020 ? Pourquoi pas en 2021 ? Ni en 2022, ni en 2023 ? » Mgr Mikael avait ajouté qu’il considérait sa situation non pas comme une honte, mais comme une forme d’honneur : « Sous ce gouvernement, être accusé est un privilège, une joie et un bonheur. »

Gevorg (Mikael) Artashes Adjapahyan, à la tête du diocèse de Chirak de l’Église apostolique arménienne, était poursuivi pour appels publics à la prise du pouvoir, des déclarations attribuées à des interviews données les 3 février 2024 et 21 juin 2025. La défense soutient que la procédure s’est déroulée avec « les violations les plus grossières et les plus primitives », dénonçant une affaire politique et arbitraire. 

En lien : l’affaire Bagrat Galstanyan

L’onde de choc de cette condamnation s’inscrit dans un climat judiciaire plus large visant des figures religieuses et d’opposition. Chef du mouvement « Srvazan Payqar / Sacré Combat », l’archevêque Bagrat Galstanyan a été arrêté le 25 juin 2025 et mis en examen pour préparation d’actes de terrorisme, organisation d’émeutes de masse et tentative de prise de pouvoir. Il rejette ces accusations, qu’il juge entièrement fabriquées. 

Son procès s’est ouvert le 19 août 2025 à Erevan, aux côtés de dix-sept co-prévenus. Les audiences se sont enchaînées jusqu’au début d’octobre, alors que la détention provisoire de l’archevêque a été prolongée fin août. La défense dénonce des « preuves falsifiées » et des atteintes aux droits de la défense. Aucune décision au fond n’a, à ce stade, été annoncée.

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