Par Ani Paitjan
Un train transportant 1 000 tonnes de blé russe est arrivé en Arménie le 6 novembre, après avoir traversé le territoire de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie. C’est la première fois depuis de longues années qu’un convoi de ce type emprunte cette route, marquant un développement notable dans les échanges régionaux.
Selon le Premier ministre Nikol Pachinian, il était initialement prévu que le premier train arrive du Kazakhstan, mais les autorités azerbaïdjanaises ont finalement autorisé le passage des trains russes à destination de l’Arménie. Cette décision, a-t-il indiqué, élargit les possibilités de transit commercial dans la région.
Le chef du gouvernement a ajouté que, au-delà du blé, d’autres marchandises pourraient prochainement être importées par cette voie. L’Inspection de la sécurité alimentaire a précisé que des échantillons du blé seront prélevés et soumis à une expertise phytosanitaire, comme pour toute importation de produits agricoles.
Le 21 octobre, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev avait annoncé la levée de toutes les restrictions sur le transit de marchandises vers l’Arménie. Bakou présente cette mesure comme un pas en faveur de la normalisation des relations bilatérales, alors que les deux pays poursuivent des négociations de paix sous médiation internationale.
D’après le gouvernement arménien, ce premier convoi illustre la mise en œuvre concrète de l’accord tripartite signé à Washington le 8 août, qui vise à faciliter la circulation des biens et à rouvrir les voies de communication régionales, longtemps fermées à la suite du conflit du Haut-Karabakh.
Des routes bloquées depuis plus de trente ans
Depuis la chute de l’Union soviétique et le déclenchement du premier conflit du Haut-Karabakh (1988-1994), toutes les liaisons ferroviaires entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan avaient été interrompues. Cette fermeture avait isolé l’Arménie de plusieurs axes commerciaux stratégiques, notamment de la Russie, son principal partenaire économique, obligeant le pays à dépendre largement de la Géorgie et de l’Iran pour ses importations et exportations.
La perspective d’une réouverture partielle des communications régionales s’inscrit dans les efforts diplomatiques visant à instaurer une paix durable entre Erevan et Bakou, après la guerre de 2020 et les tensions persistantes autour de la délimitation des frontières. Si la reprise du transit de marchandises reste limitée pour l’instant, elle est perçue comme un test politique et logistique pour de futures coopérations économiques dans le Caucase du Sud.
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