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Débat à distance entre Sargsyan et Pashinyan : Ce dernier promet de publier des documents clés

Débat à distance entre Sargsyan et Pashinyan : Ce dernier promet de publier des documents clés

Lors de la révolution de 2018, la rencontre entre Nikol Pashinyan et Serge Sargsyan symbolisait déjà un tournant. Sept ans plus tard, les deux hommes se livrent à un nouvel affrontement — cette fois à distance, par déclarations et vidéos interposées.

Un duel de récits sur la guerre de 2020

Le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, a vivement réagi aux critiques de son prédécesseur Serge Sargsyan au sujet de la guerre de 44 jours de 2020 au Haut-Karabakh. Dans une série de publications et de vidéos diffusées tôt le matin du 8 novembre, il a répondu directement à l’interview fleuve de près de sept heures accordée par l’ancien président à la veille, dans le podcast « Imnemnimi ».
Durant cet entretien, Sargsyan a multiplié les déclarations polémiques sur les causes de la guerre et l’état de l’armée arménienne avant le conflit.

« Votre système de défense était du métal usé »

Pashinyanan a notamment réagi à la remarque de Sargsyan, selon laquelle il « ne comprend pas » comment l’Arménie a pu perdre la moitié de ses moyens de défense antiaérienne dès les premières heures du conflit.

« Qu’y a-t-il à ne pas comprendre ? Le système de défense antiaérienne que vous avez laissé… c’était de la ferraille. Littéralement », a écrit Pashinyan.

Selon lui, les « alliés » de l’Arménie — allusion claire à la Russie — avaient refusé de moderniser ces équipements, lui opposant une « combinaison à trois doigts » (expression ironique désignant un refus méprisant). Les pays non alliés auraient également rejeté les demandes arméniennes, invoquant l’appartenance d’Erevan à l’OTSC et l’impossibilité de déployer leurs armes sur des territoires jugés « non souverains ».

Un échange d’accusations sur la faiblesse de l’armée

Répondant à l’accusation de Sargsyan selon laquelle le gouvernement de Pashinyan aurait «démantelé l’armée» entre 2018 et 2020, le Premier ministre a cité un discours de son prédécesseur.
Il a rappelé que le 17 avril 2018, alors candidat au poste de Premier ministre, Sargsyan lui-même avait admis que l’Arménie devait « accorder une attention prioritaire à la réforme des forces armées ».
Pour Pashinyan, cette phrase prouve que l’armée était déjà affaiblie avant son arrivée au pouvoir. Il a décrit le système précédent comme « un réseau où l’on siphonnait l’essence directement des réservoirs».

Le dossier du Karabakh et la promesse de transparence

Sargsyan a également évoqué les négociations de paix sur le Haut-Karabakh, estimant que le refus de poursuivre les pourparlers avait conduit à la guerre — une pique adressée à la ligne dure adoptée par Pashinyan à l’époque.

Ce dernier a répondu en promettant de publier d’ici la fin de l’année les documents clés des négociations, y compris la proposition de 2019, pour que le public « voie clairement qui proposait quoi ».

Il a par ailleurs critiqué la méthode de son prédécesseur, qui préfère les longs entretiens enregistrés :

« Tu t’assieds devant ceux qui te nourrissent à la cuillère et tu veux débattre avec moi ? »

Pashinyan a de nouveau invité Sargsyan à un débat public en direct, ainsi que les deux premiers présidents, Levon Ter-Petrossian et Robert Kotcharian.

« Si tu veux débattre, viens le faire en direct », a-t-il lancé.

Un débat sur l’inévitabilité de la guerre

Dans une autre vidéo, Pashinyan a abordé la question de savoir si la guerre de 2020 aurait pu être évitée.
Il a affirmé que le conflit n’aurait pu être évité que si l’Arménie avait aligné sa position sur la “légitimité internationale”, ce qui, selon lui, aurait signifié reconnaître le Haut-Karabakh comme faisant partie de l’Azerbaïdjan.

« C’était pratiquement impossible », a-t-il expliqué, soulignant que depuis les années 1990, les visions arménienne et internationale du règlement du conflit s’étaient tellement éloignées qu’elles avaient créé une “faille” impossible à combler sans accepter cette condition préalable.

« Il n’y avait tout simplement pas d’autre option. Si nous pensons que nous pouvions le faire en 2018 ou 2019, alors oui, c’est mon erreur de ne pas l’avoir fait », a-t-il ajouté.

Une invitation inédite : montrer les nouvelles armes

Dans une autre publication, Pashinyan a invité les trois anciens présidents à une projection privée consacrée aux récents achats d’armement du gouvernement arménien.
Plus tard, il a élargi l’invitation à la population, demandant aux citoyens de former des groupes de 50 personnes pour venir voir les nouveaux équipements militaires, à condition de garantir la confidentialité.
Il n’a toutefois pas précisé comment cette condition pourrait être appliquée en pratique avec de tels groupes.

Enfin, dans un message séparé, le Premier ministre a déclaré que, selon lui, le processus de délimitation des frontières devait aboutir à la restitution d’Artsvachen et des autres territoires souverains de la République d’Arménie actuellement occupés.

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