Les Forces armées arméniennes et l’Église apostolique arménienne bénéficient du plus haut niveau de confiance publique dans le pays, avec des taux d’approbation respectifs de 66,4% et 62,5 %, selon une nouvelle enquête sociologique du Centre ARAR d’études civilisationnelles publiée mardi.
Le sondage, mené par entretiens téléphoniques assistés par ordinateur (CATI) entre le 5 et le 25 octobre, a inclus 1 123 répondants à travers l’Arménie.
Institutions et confiance
La police arrive en troisième position avec un taux de satisfaction de 54,6 %. En revanche, seuls 39,5 % des sondés se disent satisfaits du gouvernement, tandis que 50 % expriment leur mécontentement envers l’Assemblée nationale.
L’Église recueille son soutien le plus fort auprès des jeunes générations (82,5 % chez les répondants de la génération Z) et des habitants des zones urbaines (67,1 %). Les jeunes affichent également la plus grande confiance envers les forces armées, à environ 70 %.
Le mécontentement vis-à-vis du Parlement est plus marqué parmi les 45–60 ans et les groupes socialement vulnérables (62,7 %).
Politique et gouvernance
Une majorité (51,8 %) estime que les autorités arméniennes mènent une mauvaise politique étrangère, tandis que 62,7 % jugent que la politique intérieure est erronée. Le mécontentement est particulièrement fort chez les ménages à faible revenu – 68,3 % pour la politique extérieure et 75,4% pour la politique intérieure – indiquant un lien étroit entre insécurité sociale et mécontentement politique.
Environ 69,2 % des répondants ne croient pas qu’une paix durable avec l’Azerbaïdjan puisse être atteinte par la négociation, contre 30,5 % qui pensent le contraire. Plus de 70 % des personnes âgées de 18 à 44 ans estiment que la paix est inatteignable.
Concernant l’accord de paix préliminaire que l’ancien président américain Donald Trump aurait négocié en août, 65,1 % pensent qu’un tel accord n’apporterait pas de paix réelle, tandis que 33,7 % se disent plus optimistes.
Église, Constitution et défense
Près de 35,1 % des personnes interrogées soutiennent l’adoption d’une nouvelle Constitution, et presque la moitié (49 %) déclarent qu’elles répondraient positivement à un appel à l’unité de l’Église apostolique arménienne, malgré les récentes critiques à son encontre.
Une large majorité (80,2 %) s’oppose à toute réduction du budget ou des effectifs militaires dans le cadre d’un traité de paix, tandis que 19,1 % y sont favorables.
Concernant la base militaire russe n°102 à Gyumri, 64 % des répondants s’opposent à son retrait, contre 32,1 % qui le soutiennent.
Le sondage révèle également que 78,6 % des Arméniens rejettent le retour des anciennes autorités au pouvoir.
Une écrasante majorité (91,3 %) refuse l’idée de modifier la Constitution arménienne sous la pression de Bakou en échange de la paix. Près de la moitié (48,5 %) estiment que l’objectif à long terme de l’Azerbaïdjan est la destruction totale de l’Arménie, tandis que d’autres y voient la volonté d’établir des relations pacifiques (17,4 %), de réduire l’indépendance du pays (15 %) ou d’annexer une partie de son territoire (13,7 %).
Alliances extérieures et préférences
Interrogés sur les alliances de défense, 37,8 % des sondés souhaitent que l’Arménie maintienne son partenariat militaire avec la Russie, 18,3 % privilégient les États-Unis, 17,5 % l’Iran, 15,9 % les pays membres de l’Union européenne, et 5,4 % l’Inde.
Le soutien à la coopération avec la Russie est le plus fort dans les zones rurales (42,8 %) et chez les personnes à faible revenu (54,2 %).
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