Le parti Contrat civil, formation du Premier ministre Nikol Pachinian, a remporté les élections municipales à Vagharshapat (Etchmiadzine), confirmant son ancrage local malgré une baisse de participation. Selon les résultats préliminaires publiés par la Commission électorale centrale, le parti a recueilli 15 298 voix, devançant l’alliance « Victoire », arrivée deuxième avec 10 051 suffrages.
La participation s’est établie à 45,12 %, soit 31 527 électeurs sur 69 866 inscrits. Le scrutin s’est déroulé selon le système proportionnel, avec la participation de huit forces politiques : sept partis et une alliance de partis.
Une victoire politique dans une ville symbolique
Située à une vingtaine de kilomètres d’Erevan, Vagharshapat, aussi connue sous le nom d’Etchmiadzine, n’est pas une ville comme les autres. Centre spirituel du pays et siège de l’Église apostolique arménienne, elle concentre aussi des enjeux politiques majeurs.
Ces élections faisaient suite à la réforme territoriale de 2025, qui a transformé Vagharshapat en commune élargie, regroupant la ville et dix-huit villages environnants. L’élection visait à désigner un nouveau conseil municipal, remplaçant celui de l’ancienne structure, dans un contexte de renouvellement politique marqué par la démission en mai 2025 de l’ancienne mairesse Diana Gasparyan, issue du parti au pouvoir, après une enquête de la Commission pour la prévention de la corruption.
Un scrutin calme, mais pas sans réserves
Les 47 bureaux de vote ont ouvert à l’heure et fonctionné sans incidents majeurs : 23 dans la ville d’Etchmiadzine et 24 dans les villages de la communauté. Le ministère de l’Intérieur a toutefois confirmé avoir reçu quatre signalements d’irrégularités, principalement pour des violations de procédure et un cas de vote non confidentiel dans un bureau (n° 14/47).
Les observateurs d’Akanates (Témoins) et du Civil Society Election Monitoring Center ont évoqué un processus « globalement ordonné », mais ont aussi noté plusieurs **zones grises » : retards dans la publication des rapports financiers, usage supposé de ressources administratives, et activités de campagne « caritatives » juste avant le scrutin.
Selon eux, l’élection a été « fonctionnelle mais imparfaite » : la concurrence politique est réelle, mais la frontière entre administration et politique reste floue.
Transparence et financement en question
La Commission pour la prévention de la corruption a rappelé que plusieurs formations, dont Contrat civil et Mère Arménie, avaient déposé leurs rapports financiers avec retard.
Des dépenses publiques et inaugurations de chantiers menées dans les jours précédant le vote ont également soulevé des soupçons d’avantages indus pour le parti majoritaire.
Les observateurs estiment que ces pratiques, même limitées, affectent la perception de la transparence électorale, un enjeu crucial dans une Arménie qui cherche encore à consolider sa gouvernance locale.
Une bataille symbolique aux résonances nationales
Pour le parti Contrat civil, cette victoire représente plus qu’un succès municipal : c’est une confirmation de sa capacité à maintenir la confiance des électeurs hors d’Erevan, malgré la fatigue politique ambiante.
À l’inverse, pour l’alliance « Victoire » et le parti « Mère Arménie », ce résultat démontre que l’opposition reste crédible et peut désormais concurrencer le pouvoir sur des territoires historiquement acquis.
Analystes et observateurs s’accordent à dire que ce scrutin sert de baromètre politique : le gouvernement conserve la main, mais l’espace de contestation locale s’élargit.
Civilnet











