Par Ani Paitjan
Le gouvernement arménien a décidé d’allouer environ 18 millions de drams (environ 41 000 euros) pour permettre à cinq experts arméniens de se rendre à Bakou les 21 et 22 novembre. Ils participeront à une table ronde consacrée au dialogue entre sociétés civiles. Ce financement servira à organiser un vol charter aller-retour Erevan–Bakou, selon une décision adoptée lors du Conseil des ministres, dans la partie du programme ne nécessitant pas de présentation publique.
Selon les documents justificatifs, l’objectif de cette rencontre est de renforcer les liens entre chercheurs, analystes et représentants de la société civile arménienne et azerbaïdjanaise, mais aussi de favoriser la création de mécanismes de confiance entre les deux sociétés, dans un contexte marqué par une phase sensible de normalisation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Une visite qui fait écho à une délégation azerbaïdjanaise venue à Erevan en octobre
Ce déplacement s’inscrit dans la continuité d’un échange déjà amorcé. Le 21 octobre dernier, Erevan avait accueilli une délégation d’experts azerbaïdjanais, arrivée exceptionnellement par vol direct, un fait rare compte tenu de l’absence de liaisons aériennes régulières entre les deux pays. Cette visite avait été l’un des premiers gestes symboliques et concrets visant à instaurer un dialogue direct entre sociétés civiles après des mois de tensions diplomatiques et militaires.
Parmi ces visiteurs figurait Farhad Mamedov, président du Centre d’études du Caucase méridional. Lors de son déplacement, il avait déclaré que cette initiative ne devait pas rester ponctuelle. Selon lui, de nouvelles visites d’experts azerbaïdjanais sont prévues dans les mois à venir, non seulement à Erevan mais aussi dans différentes régions d’Arménie, signe que les discussions ne se limitent plus aux capitales.
Des rencontres prévues avec des responsables azerbaïdjanais
Commentant la future mission arménienne à Bakou, Mamedov avait précisé que la délégation arménienne ne se contenterait pas d’échanger avec un groupe de travail composé d’experts azerbaïdjanais. Elle devrait également rencontrer des responsables de haut rang, ce qui laisse entrevoir une tentative d’ouvrir le dialogue non seulement au niveau de la société civile mais aussi dans des sphères décisionnelles proches du pouvoir.
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