Robert Kocharyan, ancien président de l’Arménie et leader de la coalition Armenia Alliance, a annoncé le 6 décembre qu’il participerait « avec une très grande probabilité » aux élections législatives de 2026. La déclaration, faite lors d’une rencontre avec ses partisans, relance les spéculations sur le rôle futur de l’ancienne garde politique dans un contexte de mécontentement croissant envers le pouvoir actuel.
Cette prise de parole intervient alors que les sondages montrent un affaiblissement du parti au pouvoir — le Contrat civil — et une polarisation persistante au sein de la société arménienne. Pour Kocharyan, cette dynamique ouvre une fenêtre politique qu’il compte bien saisir : selon lui, le gouvernement en place « n’aura aucune chance » d’être réélu si l’opposition « travaille correctement ».
Une réponse directe à ses rivaux de l’opposition
Kotcharian a également tenu à répondre aux critiques venues… de son propre camp. Le leader du parti « Ailes de l’Unité », Arman Tatoyan, avait récemment affirmé que les anciens présidents ne devraient pas se présenter en 2026 afin de maximiser les chances de battre Nikol Pashinyan. « Absurdе », tranche Kocharyan.
Pour lui, si un parti se présente, son leader doit assumer sa participation : « On ne dirige pas une formation en restant à l’écart ».
En arrière-plan, un enjeu stratégique : qui s’impose comme le visage de l’opposition ?
Kotcharian entend montrer qu’il reste, à 71 ans, une force centrale dans le jeu politique.
Pas de “plan B” : un combat frontal contre le pouvoir
Questionné sur la possibilité de contester les résultats en cas de victoire du Contrat civil, l’ex-président a balayé toute stratégie alternative :
« Je n’ai pas de plan B et je ne veux même pas y penser. »
Une manière de dire que pour lui, la seule option acceptable est la défaite du gouvernement actuel — dans les urnes.
Retour sur Key West : un débat ravivé sur la politique étrangère
Kocharyan a profité de son intervention pour critiquer la gestion du conflit du Karabakh par l’équipe de Pashinyan.
Revenant sur la proposition de Key West en 2001 — absente des documents récemment publiés par le gouvernement — il a affirmé que l’Arménie était alors « très proche » d’un accord permettant l’unification du Haut-Karabakh avec l’Arménie.
Il accuse le premier ministre d’avoir « sapé » la diplomatie arménienne en 2018 avec la formule « Artsakh c’est l’Arménie », créant selon lui « une légitimité » à l’offensive azérie de 2020.
Église apostolique : l’autre ligne de fracture
Autre sujet mobilisateur : l’Église apostolique arménienne.
Kocharyan accuse le gouvernement de mener une campagne ciblée contre l’institution religieuse :
« Ce n’est pas un combat contre quelques personnes. C’est un combat contre l’Église elle-même. »
Une thématique chère à l’opposition conservatrice, mobilisée autour de la défense des structures traditionnelles du pays.
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