Par Karen Harutyunyan, depuis New Delhi, Inde
«Qu’il s’agisse du port de Chabahar ou du Corridor international de transport Nord–Sud, les projets de connectivité sont très importants pour nous», a déclaré Randhir Jaiswal, porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, en exposant l’approche globale de New Delhi en matière de commerce régional et de liaisons de transport, lors d’un échange avec des journalistes arméniens à New Delhi.
Jaiswal s’exprimait en marge d’une réception organisée vendredi par le ministère indien des Affaires étrangères, au cours de laquelle les questions ont porté sur la place de l’Arménie et du Caucase du Sud dans la vision indienne en évolution concernant la connectivité à travers l’Asie occidentale et l’Eurasie.
L’Inde a investi dans le port iranien de Chabahar, qu’elle considère comme une porte d’entrée maritime stratégique offrant un accès à l’Iran, puis à des routes terrestres vers l’ensemble de la région, en contournant le Pakistan. New Delhi voit ce port comme un point d’ancrage méridional capable de compléter les corridors de transport continentaux reliant l’Asie du Sud aux marchés eurasiens.
L’une de ces initiatives est le Corridor international de transport Nord–Sud (INSTC), un réseau multimodal combinant voies maritimes, ferroviaires et routières, reliant l’Inde à l’Iran, à l’Azerbaïdjan, à la Russie et à l’Europe.
Évoquant l’INSTC, Jaiswal a souligné qu’il s’agissait d’un projet international destiné à servir des intérêts collectifs. «Ce corridor est un projet international ; chaque pays doit donc y participer, car il est bénéfique pour tous», a-t-il déclaré, ajoutant que tous les États pouvaient contribuer aux initiatives de connectivité.
Par ailleurs, l’Inde a engagé un dialogue avec l’Arménie sur les questions de connectivité dans d’autres cadres diplomatiques. En septembre, l’Inde, l’Iran et l’Arménie ont tenu à Téhéran leur troisième cycle de consultations trilatérales, au cours duquel les trois parties ont fait le point sur les progrès réalisés depuis les réunions précédentes et ont convenu d’élargir leur coopération, notamment dans le domaine de la connectivité. Selon le ministère indien des Affaires étrangères, les discussions ont porté sur l’INSTC, l’initiative arménienne « Carrefour de la paix », ainsi que sur une coopération économique et commerciale plus large.
Ce mécanisme trilatéral, lancé en 2023, est présenté par les trois gouvernements comme une plateforme visant à harmoniser les projets régionaux et à promouvoir la prospérité et le bien-être. La prochaine série de consultations est prévue en Arménie en 2026.
Interrogé sur les dynamiques régionales, Jaiswal a indiqué que l’Inde suivait de près les évolutions dans le Caucase du Sud et souhaitait renforcer ses relations avec l’Arménie. Il a insisté sur le fait que des partenariats durables nécessitent un engagement équilibré dans plusieurs secteurs — notamment le commerce, la défense, le tourisme et l’éducation — plutôt qu’une dépendance à un seul projet.
Selon Jaiswal, la fréquence des échanges de haut niveau entre l’Inde et l’Arménie témoigne d’une confiance croissante entre les deux pays, alors que les corridors de connectivité dans la région continuent d’évoluer.
Civilnet











