Le gouvernement a décidé que le Centre d’hydrométéorologie et de surveillance du ministère de l’Environnement (organisme public à but non lucratif – POAK) sera désormais la seule structure professionnelle habilitée à assurer le suivi public de la qualité de l’air atmosphérique et à fournir des données officielles. La décision correspondante a été approuvée lors de la réunion du gouvernement du 25 décembre.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de vives controverses autour de la qualité de l’air à Erevan, qui se sont intensifiées ces derniers mois. Depuis l’automne, plusieurs plateformes internationales, dont IQAir, ont régulièrement classé la capitale arménienne parmi les villes les plus polluées au monde, suscitant une forte inquiétude dans l’opinion publique, en particulier chez les parents de jeunes enfants, les personnes âgées et les patients souffrant de maladies respiratoires.
Au cœur de la polémique figurent les données issues des capteurs Clarity Node-S installés par la mairie d’Erevan, principalement sur des chantiers de construction et dans des zones à forte concentration de poussières. Ces chiffres, largement relayés sur les réseaux sociaux et par certains médias, ont été interprétés par une partie de la population comme reflétant l’état général de l’air dans toute la ville. La municipalité a, à plusieurs reprises, utilisé ces données pour alerter sur les conséquences des travaux urbains et plaider en faveur de mesures plus strictes.
Les autorités gouvernementales et des experts environnementaux ont toutefois contesté cette lecture. Selon eux, ces capteurs sont placés dans des « points chauds » très localisés, particulièrement exposés aux émissions de poussières et aux conditions météorologiques, ce qui fausse leur représentativité à l’échelle de la ville. Le gouvernement souligne également que ces dispositifs ne répondent pas aux critères méthodologiques définis par la législation nationale et les normes internationales en matière de surveillance de l’air.
Face à la multiplication de données contradictoires et à la confusion croissante dans l’espace public, l’exécutif affirme vouloir « remettre de l’ordre » et établir une source unique de référence. « Il est nécessaire de distinguer les mesures locales ponctuelles des indicateurs officiels de la qualité de l’air », a fait savoir le gouvernement, pointant la responsabilité des plateformes privées et de certains acteurs institutionnels dans la diffusion d’informations jugées inexactes ou mal interprétées.
Le nouveau projet prévoit l’introduction d’un indice de qualité de l’air rapproché des standards européens, afin de rendre l’information plus lisible et plus compréhensible, notamment pour les groupes sensibles et vulnérables. Il inclut également des procédures précises définissant les actions des autorités publiques et les modalités d’information de la population en cas de dépassement des seuils de pollution.
La décision entrera pleinement en vigueur le 1er janvier 2030, date à laquelle le déploiement d’un réseau automatisé national de surveillance de la qualité de l’air, conforme aux normes internationales et fonctionnant en temps réel, devrait être achevé sur l’ensemble du territoire de la République d’Arménie.
Civilnet











