Tôt dans la matinée du 8 janvier, des obus de mortier ont explosé dans plusieurs quartiers arméniens d’Alep, notamment Cheikh Taha et le quartier des Villas, provoquant des dégâts matériels. Selon le journal arménien Gandzasar, aucun blessé n’a été signalé. Ces bombardements interviennent toutefois dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans la ville, marquée depuis plusieurs jours par des affrontements armés.

Alep abrite depuis plus d’un siècle une importante communauté arménienne, dont la présence remonte en grande partie aux survivants du génocide arménien de 1915. Malgré les années de guerre civile syrienne, ces quartiers sont restés des pôles de vie communautaire, avec leurs églises, écoles, commerces et institutions culturelles.
En raison de la reprise des violences, les habitants des quartiers de Cheikh Maksoud et d’Achrafieh — zones stratégiques régulièrement affectées par les combats entre forces rivales — ont reçu l’ordre de se préparer à évacuer. Le bureau des opérations militaires d’Alep a indiqué que, pour des raisons de sécurité, les résidents pouvaient quitter ces secteurs jusqu’à 13 heures le jour même.

À l’heure actuelle, la situation est décrite comme relativement calme, bien que des coups de feu soient encore entendus de manière intermittente. Cette accalmie reste fragile dans une ville où les lignes de front peuvent évoluer rapidement.
Malgré la tension, les infrastructures essentielles continuent de fonctionner. Les magasins d’alimentation, les boulangeries, les hôpitaux et les pharmacies demeurent ouverts, signe d’une volonté de maintenir une vie quotidienne minimale malgré l’instabilité sécuritaire.
Les autorités arméniennes suivent la situation de près. Le consulat général d’Arménie à Alep a confirmé la poursuite de ses activités et reste en contact avec la communauté locale, composée de plusieurs milliers de personnes.

Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions militaires dans le nord de la Syrie. Le 6 janvier, des affrontements ont opposé les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis, aux forces fidèles au gouvernement de Damas. Ces combats ont fait au moins quatre morts et 26 blessés à Alep, ravivant les craintes d’une nouvelle spirale de violences dans une ville déjà lourdement éprouvée par plus d’une décennie de conflit.
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