Par Ani Paitjan
Erevan et Bakou négocient actuellement les possibilités d’exportation depuis l’Arménie vers l’Azerbaïdjan de papier aluminium, de matières premières pour la fabrication de papier aluminium, de ferromolybdène, d’animaux domestiques, de matières premières pour le cognac, de tabac et de textiles. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Économie, Gevorg Papoyan, dans un entretien accordé à Factor.am.
«Certaines entreprises azerbaïdjanaises ont également manifesté leur intérêt pour l’importation de produits précis. La partie azerbaïdjanaise nous a transmis une liste concrète de marchandises qui l’intéressent, et nous avons communiqué les volumes que nous serions en mesure d’exporter. Notre liste comprend aussi des roses et des produits issus de serres, comme les tomates et les poivrons. Nous avons proposé des prix indicatifs», a précisé Papoyan.
Le ministre de l’Économie n’a pas indiqué de calendrier pour les premières exportations. Selon lui, celles-ci interviendront une fois que les entreprises arméniennes et azerbaïdjanaises parviendront à un accord commercial.
Un rapprochement économique prudent
Ces discussions s’inscrivent dans un contexte de timide reprise des échanges économiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, longtemps interrompus en raison du conflit du Haut-Karabakh et de l’absence de relations diplomatiques formelles. Ces dernières années, sous l’impulsion de médiations internationales et de négociations politiques en cours, les deux pays ont commencé à explorer des formats pragmatiques de coopération, notamment dans les domaines du transport, de l’énergie et du commerce.
Pour Erevan, l’enjeu est double: diversifier ses débouchés à l’exportation dans un environnement régional instable et offrir de nouvelles opportunités aux secteurs industriels et agricoles arméniens, en particulier la métallurgie, l’agroalimentaire et les productions sous serre. Pour Bakou, ces échanges potentiels s’inscrivent dans une logique de sécurisation des approvisionnements régionaux et de développement de chaînes commerciales de proximité.
Des signaux concrets sur le terrain énergétique
Le dialogue économique s’est récemment matérialisé par des flux commerciaux tangibles. En décembre, un train composé de 22 wagons transportant environ 1 300 tonnes d’essence de la société azerbaïdjanaise SOCAR est arrivé pour la première fois en Arménie via le territoire géorgien. Une nouvelle livraison de carburant azerbaïdjanais est attendue dans les prochains jours.
Ces livraisons de carburant, tout comme les discussions sur les exportations arméniennes, sont perçues par plusieurs observateurs comme des tests de faisabilité économique et politique, menés avec prudence dans un contexte encore sensible. Si ces initiatives restent pour l’instant limitées et techniques, elles pourraient toutefois constituer les prémices d’une normalisation économique progressive, étroitement liée à l’évolution du processus politique entre les deux pays.
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