Par Ani Paitjan
La Fédération révolutionnaire arménienne (FRA – Dachnaktsoutioun) participera aux élections législatives de 2026. Sa participation se fera sur fond d’alliance politique. L’annonce a été faite mardi lors d’une conférence de presse par Ishkhan Saghatelyan, représentant de l’Organe suprême de la FRA en Arménie et député du groupe parlementaire d’opposition «Hayastan».
Selon Saghatelian, les premières discussions en vue de la formation de cette alliance devraient s’ouvrir avec l’alliance Hayastan, une coalition d’opposition créée avant les élections anticipées de 2021 et dirigée par l’ancien président arménien Robert Kocharyan.
Un parti historique au cœur de l’opposition
Fondée en 1890, la FRA est l’un des partis politiques arméniens les plus anciens et les plus structurés. Présente à la fois en Arménie et au sein de la diaspora, elle occupe une place particulière dans la vie politique du pays, mêlant nationalisme arménien, conservatisme identitaire et sensibilité sociale, avec un attachement marqué à un État fort et à la justice sociale.
Depuis la guerre de 2020 au Haut-Karabakh, la FRA s’est imposée comme l’un des principaux piliers de l’opposition au Premier ministre Nikol Pashinyan, qu’elle accuse d’avoir affaibli la sécurité nationale et concédé des positions stratégiques dans le cadre du processus de paix avec l’Azerbaïdjan.
L’alliance Hayastan, une coalition dominée par Robert Kotcharian
L’alliance Hayastan, dont la FRA est déjà membre, regroupe plusieurs forces politiques opposées au gouvernement actuel. Elle est largement associée à la figure de Robert Kotcharian, président de l’Arménie de 1998 à 2008, qui demeure l’un des acteurs les plus clivants du paysage politique arménien.
Positionnée sur une ligne sécuritaire et souverainiste, l’alliance plaide pour un renforcement des institutions étatiques, une approche plus ferme dans les négociations régionales et des relations étroites avec les partenaires stratégiques traditionnels de l’Arménie, notamment la Russie. Elle se présente comme une alternative à ce qu’elle qualifie de politique «aventureuse» ou «dangereuse» du pouvoir en place.
« Une élection décisive pour l’avenir de l’État »
Dans sa déclaration, Ishkhan Saghatelian a souligné l’enjeu exceptionnel du scrutin à venir.
«Nous avons la volonté, la capacité et même l’ambition de préserver cette alliance, de l’élargir et d’en faire une force plus influente. Il ne s’agit pas d’élections ordinaires. À travers leur issue, c’est le destin du peuple arménien et de notre État qui se jouera», a-t-il affirmé.
Selon lui, la décision de se présenter sous forme d’alliance répond à un objectif clair : empêcher la reconduction du pouvoir actuel et offrir une alternative politique crédible. «Nous voyons ces élections comme une occasion de réunir nos forces, de mutualiser nos capacités et de nous présenter de manière plus solide afin d’atteindre cet objectif», a-t-il ajouté.
Une opposition en quête de consolidation
À l’approche de 2026, la scène politique arménienne reste marquée par une forte polarisation entre le camp au pouvoir et une opposition fragmentée. Dans ce contexte, le choix de la FRA de privilégier un format d’alliance apparaît comme une tentative de consolider le camp opposé à Pachinian, dans l’espoir de peser davantage sur l’issue du scrutin.
Reste à savoir si cette stratégie permettra à l’opposition de dépasser ses divisions et de mobiliser un électorat encore largement dominé par le parti au pouvoir.
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