Des évolutions sont à prévoir dans les relations entre l’Arménie et la Turquie. C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan le 14 janvier à Erevan, lors d’une discussion intitulée «Nouvelles opportunités et défis en matière de diversification, de résilience et de débloquage». Il a souligné que le gouvernement devait dépasser le «présupposé de pessimisme» et se préparer aux changements régionaux.
«Il est évident que des développements auront lieu dans les relations arméno-turques. À la frontière arméno-turque, à Margara et Akhurik, des ponts ainsi que des terminaux douaniers et frontaliers devront clairement être construits, y compris à Yeraskh», a déclaré le Premier ministre.
Il n’a pas exclu que certains développements puissent également intervenir sur le tronçon Ijevan–Gazakh de la frontière arméno-azerbaïdjanaise.
Selon Pashinyan, le milieu des affaires réagit déjà aux changements attendus. Des signaux émanant du secteur privé font notamment état d’un intérêt pour le lancement du commerce d’électricité entre l’Arménie et la Turquie, ce qui impliquerait la modernisation des lignes de transport d’électricité héritées de l’époque soviétique.
«Dans notre salle de négociation, où je discute avec le président Erdoğan, ces questions et ces visions sont réglées pour l’avenir prévisible », a-t-il affirmé.
Résilience et confiance des investisseurs
Abordant la situation économique, Pashinyan l’a qualifiée de reflet d’un changement de la position géopolitique de l’Arménie, passant de « la périphérie du monde à un centre actif ».
Comme indicateur de la confiance économique liée à l’agenda de paix avec l’Azerbaïdjan et au déblocage des voies de communication régionales, il a cité la récente émission d’obligations d’État. Selon le Premier ministre, alors que le montant prévu était de 50 milliards de drams (≈ 123 millions de dollars), le marché a présenté des offres totalisant 165 milliards de drams (≈ 407 millions de dollars), ce qui a entraîné une baisse de 1,5% du rendement des obligations (autrement dit, de la prime de risque).
«Il est très important que nous ayons un volume significatif d’investisseurs étrangers qui achètent des obligations d’État arméniennes en drams. Cela montre que l’environnement économique international réagit rapidement aux évolutions politiques et régionales», a souligné Pashinyan.
Le Premier ministre a également mis en avant la coopération avec les États-Unis et l’Union européenne dans la modernisation des postes-frontières, citant en exemple l’infrastructure douanière moderne en cours de construction à la frontière arméno-iranienne avec le soutien de l’UE.
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