Les États-Unis suspendront à partir du 21 janvier la délivrance de visas d’immigration aux ressortissants de 75 pays, parmi lesquels figure l’Arménie. L’information a été révélée par Fox News, citant des sources du Département d’État américain. Selon un document interne consulté par le média, cette suspension est décidée pour une durée indéterminée.
Outre l’Arménie, la mesure concernera notamment la Russie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, l’Iran, l’Irak, le Brésil, l’Égypte, le Kazakhstan ou encore la Thaïlande, élargissant ainsi considérablement le spectre géographique des pays touchés.
Une mesure ciblant l’immigration permanente
La décision américaine porte spécifiquement sur les visas d’immigration, c’est-à-dire les visas permettant une installation durable aux États-Unis et l’obtention d’un statut de résident permanent, communément appelé « carte verte ». Ces visas sont généralement accordés dans le cadre du regroupement familial, de programmes d’immigration professionnelle ou de catégories dites préférentielles.
Les visas de non-immigration, en revanche — qui concernent les séjours temporaires pour le tourisme, les études, les affaires ou certaines formes de travail — ne sont, à ce stade, pas explicitement visés par cette suspension. Toutefois, l’absence de précisions officielles alimente les incertitudes quant à l’impact réel de la mesure sur la mobilité des ressortissants des pays concernés.
Un durcissement qui s’inscrit dans une tradition politique
Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement périodique de la politique migratoire américaine, déjà observé à plusieurs reprises au cours des dernières décennies. Sous la première administration de Donald Trump (2017-2021), Washington avait notamment instauré des restrictions ciblées, suspendu certains programmes humanitaires et remis en cause des statuts de protection temporaire accordés à des ressortissants de pays jugés «à risque».
C’est également durant cette période que le débat migratoire américain avait été marqué par des déclarations particulièrement controversées du président Trump. En janvier 2018, lors d’une réunion à la Maison-Blanche consacrée à la réforme de l’immigration, Trump avait qualifié certains pays — notamment Haïti, des États africains et d’autres pays à faible revenu — de «shithole countries» (pays de merde), s’interrogeant sur l’intérêt d’accueillir des migrants venant de ces régions.
Dans le même échange, il avait exprimé sa préférence pour des immigrants originaires de pays scandinaves, tels que la Norvège ou la Suède, des propos qui avaient suscité une vague d’indignation internationale et été dénoncés comme racistes par de nombreuses organisations, dont le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
Une vision sélective de l’immigration
Ces déclarations avaient alors été perçues comme révélatrices d’une vision sélective et hiérarchisée de l’immigration, privilégiant certains profils et certaines origines géographiques au détriment d’autres. Si Donald Trump avait initialement nié avoir employé ces termes, il a par la suite reconnu avoir plaidé pour une réduction de l’immigration en provenance de pays comme l’Afghanistan, la Somalie ou Haïti, tout en valorisant l’immigration issue de pays européens plus riches.
Dans ce contexte, la suspension actuelle des visas d’immigration à un large éventail de pays, dont plusieurs États d’Afrique, d’Asie et de l’ex-espace soviétique, ravive les débats sur les critères politiques et idéologiques qui sous-tendent la politique migratoire américaine.
Incertitudes pour les pays concernés
Pour les pays touchés, dont l’Arménie, cette décision soulève de nombreuses questions quant à ses conséquences concrètes : impact sur les familles séparées, sur les projets de migration économique ou encore sur les diasporas déjà établies aux États-Unis.
À ce stade, aucune clarification officielle n’a été apportée par le Département d’État sur les motifs précis de la suspension ni sur les conditions éventuelles d’un réexamen de la mesure. En attendant, la décision confirme que la question migratoire demeure un levier politique central à Washington, régulièrement réactivé au gré des évolutions internes et internationales.
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