Le Service de renseignement extérieur de l’Arménie estime qu’une escalade militaire de différentes ampleurs entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 2026 est presque improbable. Cette évaluation figure dans le rapport annuel de la Service consacré aux risques pour la sécurité extérieure de la République d’Arménie.
Selon le rapport, la poursuite intensive, en 2025, des négociations bilatérales de haut niveau, ainsi que la Déclaration de Washington obtenue le 8 août avec l’implication active du président américain Donald Trump, et le paraphe de l’accord «sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques», ont considérablement réduit le risque d’escalade militaire et accru la probabilité d’un règlement pacifique.
«À l’issue d’une analyse exhaustive des processus et des données mentionnés, nous considérons comme presque improbable, en 2026, une escalade militaire de différentes ampleurs entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan motivée par des intentions politico-militaires. Nous jugeons également peu probables des actions ou incidents locaux qui ne seraient pas dictés par de telles intentions», indique le rapport.
D’après les données du Service de renseignement national, l’année 2026 devrait également être marquée par de nouveaux progrès dans les processus de délimitation et de démarcation des frontières, ainsi que dans les initiatives commerciales et économiques bilatérales, le dialogue entre les sociétés, les questions humanitaires et d’autres domaines. En cas de déblocage des infrastructures régionales, des avancées sont également attendues dans les processus déjà engagés, tandis que les initiatives de connectivité bilatérale de l’Arménie avec ses voisins pourraient stimuler le développement de projets économiques régionaux plus larges.
«Dans le même temps toutefois, en 2026, les risques d’actions nuisibles menées par des États cherchant à préserver ou à accroître leur influence dans la région, et visant à entraver ces processus de connectivité, devraient s’élargir. L’usage systématique, par l’Azerbaïdjan et d’autres acteurs, de discours et de concepts remettant en cause la souveraineté de l’Arménie et faisant obstacle à la mise en œuvre des projets de connectivité ne peut qu’accroître la probabilité de concrétisation de ces risques», souligne le rapport.
L’analyse globale du Service montre par ailleurs que, à long terme, les discours dits de «l’Azerbaïdjan occidental» et du «retour des Azerbaïdjanais occidentaux», promus au niveau étatique par l’Azerbaïdjan et accompagnés d’actions concrètes, constituent un facteur à la fois risqué et profondément préjudiciable au processus de construction de la paix. Selon les informations dont dispose le Service, après la Déclaration de Washington, l’Azerbaïdjan n’a pas réduit cette propagande, mais l’a au contraire considérablement intensifiée, créant ainsi des risques sérieux pour la stabilité régionale, la sécurité et la paix à long terme.
En 2026, l’une des priorités du Service sera d’évaluer de manière continue l’objectif réel de la politique étatique menée par l’Azerbaïdjan en faveur du «retour des Azerbaïdjanais occidentaux». Il s’agira notamment de déterminer si Bakou entend, en érigeant ces thèmes en nouvelle idéologie nationale, transférer le conflit sous une forme nouvelle sur le territoire arménien, ou si ce discours constitue avant tout un instrument de négociation de sa politique étrangère, notamment destiné à contrer la question du retour des Arméniens du Haut-Karabakh.
Par ailleurs, les observations du Service indiquent que la croissance des dépenses militaires de l’Azerbaïdjan se poursuit. Le caractère préoccupant de cette évolution ne tient pas uniquement à l’augmentation des dépenses militaires en tant que telle, mais aussi au fait que leur rythme de croissance dépasse largement celui des allocations destinées à d’autres secteurs et qu’elles sont, dans de nombreux cas, financées apparemment au détriment de ces derniers.
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