En Arménie, la question de la sécurité des logements face aux risques sismiques demeure un défi majeur. Selon le Comité de l’urbanisme, entre 70% et 80 % des immeubles collectifs du pays ont été construits avant 1980, c’est-à-dire avant l’introduction de normes parasismiques modernes. Autrement dit, une large part du parc immobilier ne répond toujours pas aux exigences actuelles en matière de sécurité.
Lors d’une rencontre avec des journalistes, le président du Comité de l’urbanisme, Yeghiazard Vardanian, a rappelé que les bâtiments récemment construits ne représentent aujourd’hui que 2% de l’ensemble du parc immobilier. Un chiffre faible, qui illustre la lenteur du renouvellement du bâti dans un pays régulièrement exposé aux secousses sismiques.
«À ce rythme, combien d’années faudra-t-il pour atteindre un niveau où 50 à 60% des immeubles seraient conformes aux normes parasismiques actuelles?», a-t-il interrogé, soulignant la nécessité d’accélérer les programmes de construction et de rénovation.
Des QR codes pour mieux informer les habitants
Dans ce contexte, les autorités misent aussi sur la transparence et l’information des citoyens. Le Comité de l’urbanisme a récemment approuvé un dispositif de “passeportisation” des bâtiments, qui prévoit l’installation de codes QR à l’entrée des immeubles. En les scannant, les habitants, propriétaires ou acheteurs potentiels pourront accéder à un passeport technique détaillé du bâtiment.
Ce document numérique regroupe des informations essentielles : niveau de résistance sismique, performance énergétique, état technique général et résultats des expertises réalisées. L’objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre les risques liés à son logement et de prendre des décisions éclairées.
Pour l’instant, ce système repose sur le volontariat. Mais les autorités envisagent à terme de le rendre obligatoire et de créer un registre numérique national, couvrant l’ensemble des immeubles collectifs du pays.
«Nous avons préparé toute la documentation nécessaire. Elle sera transmise aux gestionnaires d’immeubles, qui bénéficieront également de formations. À l’avenir, chaque citoyen pourra, en scannant un QR code, consulter le passeport technique d’un bâtiment et agir en connaissance de cause», a expliqué Vardanian.
Des chantiers plus encadrés et moins polluants
Le rapport 2025 du Comité de l’urbanisme met également l’accent sur les conditions de travail et l’impact environnemental des chantiers. De nouvelles exigences strictes ont été introduites dans la norme relative à l’«Organisation de la production de construction», avec un objectif clair : réduire la pollution de l’air, notamment la poussière générée par les travaux.
Désormais, les voies de circulation à l’intérieur des chantiers devront être bétonnées, tandis que les surfaces en terre non destinées aux véhicules devront être recouvertes de gravier. L’utilisation d’équipements anti-poussière et de systèmes de brumisation d’eau devient également obligatoire.
Afin de garantir le respect des règles de sécurité, ces normes ont été traduites en anglais et en russe, pour être accessibles aux travailleurs étrangers présents sur les chantiers arméniens.
Un système de notation pour améliorer la qualité de la construction
Enfin, pour renforcer le contrôle de la qualité dans le secteur du bâtiment, un système automatisé de notation des entreprises de construction a été mis en place. Il repose sur quatre niveaux, du plus faible au plus élevé, et fonctionne sans intervention humaine.
La notation prend en compte plusieurs critères : discipline fiscale, comportement financier, qualité des projets réalisés et respect des délais. Les entreprises les moins bien notées se verront imposer des restrictions, comme l’interdiction de gérer plusieurs projets publics simultanément. À l’inverse, les entreprises les mieux classées bénéficieront de mesures incitatives, notamment la suppression de l’obligation de garantie bancaire.
Dans le courant de l’année 2026, les autorités prévoient également d’adapter une plateforme numérique européenne d’assurance qualité, afin de lutter de manière institutionnelle contre la construction de mauvaise qualité.
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