Le jeune Davit Minassian, 18 ans, arrêté après l’incident survenu à l’église Sainte-Anne à Erevan, a été transféré du centre pénitentiaire d’«Abovyan» vers le centre médical «Nairi», après avoir perdu connaissance. Cette évolution intervient dans un contexte de forte attention médiatique autour de cette affaire, qui mêle sécurité, justice et tensions politiques.
Selon les informations disponibles, le jeune homme avait été transféré le jour même du centre pénitentiaire d’«Armavir» vers celui d’«Abovyan», établissement généralement destiné aux femmes et aux mineurs, mais pouvant accueillir des détenus jusqu’à 21 ans dans certaines conditions, notamment pour des raisons liées à l’éducation ou à leur profil.
L’état de santé de Davit Minassian s’est rapidement détérioré. «Étant donné qu’il souffre de pathologies complexes, qu’il a des allergies, certains médicaments sont incompatibles entre eux, tout comme certaines injections. L’établissement d’Abovyan était prêt à tout faire, mais en raison de la complexité du traitement, il a été décidé de le transférer au centre médical Nairi», a expliqué son avocat aux journalistes.
D’après ce dernier, la situation médicale du jeune homme est aggravée à la fois par des problèmes de santé chroniques et par un état psychologique fragile. D’autres complications seraient apparues, sans que leur nature ne soit rendue publique à ce stade. Cette dimension sanitaire soulève également, en filigrane, la question de la prise en charge médicale des détenus en Arménie, un sujet régulièrement évoqué par les organisations de défense des droits humains.
L’affaire trouve son origine dans un incident survenu le 29 mars à l’église Sainte-Anne, en plein centre de la capitale, un lieu emblématique fréquenté par de nombreux fidèles. Ce jour-là, le Premier ministre Nikol Pashinyan assistait à une liturgie, dans un contexte politique déjà tendu, marqué par des critiques croissantes à l’égard du gouvernement sur plusieurs dossiers internes et régionaux.
Alors qu’il tentait de quitter l’église accompagné de ses agents de sécurité, un jeune homme dans la foule s’est montré agacé, demandant à ne pas être bousculé. «Ne me regarde pas comme ça», aurait-il lancé, avant de tenter de frapper le Premier ministre. Selon les autorités, Nikol Pashinyan aurait immédiatement demandé à ses agents de ne pas réagir, un geste interprété par certains comme une volonté d’éviter une escalade dans un lieu de culte.
À la suite de l’incident, deux citoyens ont été interpellés, et une enquête pénale a été ouverte. Le Comité d’enquête a indiqué que Davit Minassian faisait l’objet de poursuites pour hooliganisme (article 297, partie 1 du Code pénal) et pour entrave à l’exercice légitime des fonctions officielles ou politiques d’un responsable (article 452, partie 3). D’autres personnes sont également poursuivies pour complicité et organisation des faits.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire suscite des réactions contrastées dans l’opinion publique. Certains y voient un acte isolé d’irrespect ou de violence, tandis que d’autres l’interprètent comme le symptôme d’un malaise plus profond au sein de la société, où la frustration politique et sociale peut parfois s’exprimer de manière imprévisible, y compris dans des espaces symboliques comme les églises.












