Moscou ne peut pas ignorer les évolutions politiques en cours en Arménie, a déclaré Maria Zakharova, dans un contexte de relations de plus en plus tendues entre Erevan et son allié traditionnel russe.
La Russie s’attend à ce que les forces pro-russes puissent participer librement aux élections parlementaires en Arménie. C’est ce qu’a affirmé la porte-parole officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors d’un point de presse.
«Nous ne pouvons pas ignorer les processus en cours dans la république et nous espérons que les forces pro-russes pourront participer librement à l’expression de la volonté des citoyens arméniens», a-t-elle déclaré.
Zakharova a également souligné qu’il existe en Arménie de nombreuses forces politiques favorables à une coopération constructive avec Moscou, laissant entendre que ces acteurs doivent pouvoir jouer un rôle sans entrave dans la vie politique du pays.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de refroidissement notable des relations entre Erevan et Moscou, notamment depuis la guerre de 2020 au Haut-Karabakh et les affrontements de 2022 entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les autorités arméniennes reprochent à la Russie et à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) de ne pas avoir rempli leurs obligations sécuritaires, ce qui a progressivement érodé la confiance entre les deux partenaires.
Dans ce climat, le gouvernement arménien dirigé par Nikol Pashinyan a multiplié les signaux d’ouverture vers l’Occident, notamment à travers un rapprochement avec l’Union européenne et une volonté affichée de diversifier ses partenariats stratégiques.
C’est dans ce contexte politique sensible que Moscou exprime ses préoccupations concernant certaines réformes internes en Arménie.
« Moscou ne peut pas ignorer les processus en cours en Arménie, tels que l’adoption de modifications au Code électoral. Ces changements pourraient imposer des restrictions importantes sur les noms des forces politiques participant aux élections. Il est essentiel que cela ne soit pas fait dans le but de limiter délibérément les possibilités électorales de l’opposition », a déclaré Zakharova.
Ces propos font directement écho aux débats récents en Arménie autour des amendements au Code électoral. Le parti au pouvoir a proposé d’interdire l’utilisation de noms de personnalités dans les appellations des alliances politiques, une mesure vivement critiquée par l’opposition qui y voit une tentative de limiter certaines coalitions à l’approche des élections .
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de reconfiguration du paysage politique arménien, où les règles du jeu électoral sont régulièrement contestées, notamment en période préélectorale.
La déclaration de la diplomatie russe semble ainsi s’inscrire dans une volonté plus large de Moscou de maintenir une influence politique en Arménie, pays historiquement considéré comme un partenaire clé dans le Caucase du Sud, tant sur le plan militaire qu’énergétique.
Zakharova a enfin rappelé une récente déclaration du Premier ministre arménien : «Nous nous souvenons que Nikol Pashinyan, lors de sa rencontre avec le président de la Fédération de Russie, en évoquant les prochaines élections, a déclaré : “L’Arménie est un pays démocratique.”»












