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Le coût de l’extension du métro d’Erevan grimpe à 287 millions de dollars

Le coût de l’extension du métro d’Erevan grimpe à 287 millions de dollars

Ajout par Ani Paitjan

L’extension prévue du métro d’Erevan nécessitera un investissement estimé à 287 millions de dollars, soit une hausse spectaculaire par rapport à l’estimation initiale de 50 millions de dollars avancée en 2022, a annoncé lundi Anetta Babayan, responsable à la mairie de la capitale arménienne.

D’un projet modeste à une explosion des coûts

À l’époque, le projet était présenté comme une extension relativement modeste du réseau existant, destinée à désenclaver le quartier d’Ajapnyak, à l’ouest de la ville. Mais cette première estimation reposait sur des études encore préliminaires, qui n’avaient pas pleinement pris en compte les contraintes géographiques majeures du site, notamment la traversée de la gorge de la Hrazdan, véritable fracture naturelle qui coupe Erevan en deux.

Le projet prévoit la construction d’une nouvelle station dans ce quartier résidentiel, marquant la première extension du métro vers la rive ouest de cette gorge. Or, les études techniques approfondies menées par une entreprise russe en 2023 ont révélé l’ampleur réelle du chantier. Loin d’un simple prolongement de ligne, il s’agit en réalité d’un projet d’ingénierie complexe, combinant creusement de tunnels, construction d’un pont d’envergure et réaménagement urbain.

Un défi géographique et géologique majeur

La géographie même d’Erevan explique en grande partie cette transformation. La gorge de la Hrazdan présente des pentes abruptes et une profondeur importante, rendant impossible une extension classique en surface. Deux options se dessinent alors : creuser très profondément, ce qui augmente considérablement les coûts et les risques, ou construire un pont capable de supporter une ligne de métro — une solution rare et techniquement exigeante. Aujourd’hui, seuls trois ponts traversent la gorge dans les limites de la ville, tous conçus pour le trafic automobile.

À ces contraintes topographiques s’ajoute une réalité géologique souvent sous-estimée. Erevan est bâtie sur un socle volcanique, composé notamment de basalte — une roche extrêmement dure — et de tufs volcaniques, plus friables. Cette combinaison complique fortement les travaux souterrains : le creusement devient plus lent et coûteux dans les zones dures, tandis que les parties instables nécessitent des renforcements constants pour éviter tout effondrement. À cela s’ajoutent les risques d’infiltration liés à la proximité de la rivière Hrazdan, qui imposent des systèmes avancés d’étanchéité et de drainage.

Retards, critiques et enjeux politiques

Cette accumulation de contraintes techniques s’est progressivement traduite par une réévaluation à la hausse des coûts. Entre 2023 et 2025, le projet a également été marqué par des retards et des critiques récurrentes visant à la fois la municipalité et le gouvernement arménien, appelés à en assurer le financement. Le manque de clarté sur le calendrier et les modalités de mise en œuvre a alimenté les interrogations, alors même que le projet gagnait en importance stratégique.

Le maire d’Erevan, Tigran Avinyan, a toutefois réaffirmé lundi le caractère prioritaire de l’extension vers Ajapnyak, désormais présentée comme le principal projet d’infrastructure de la capitale.

“C’est notre projet le plus important. Nous en examinerons les mises à jour chaque lundi”, a-t-il déclaré, signalant une volonté d’accélérer le processus après plusieurs années de lente progression.

Inauguré en 1981 et étendu pour la dernière fois en 1996, le métro d’Erevan compte aujourd’hui dix stations et ne couvre qu’une partie limitée de la capitale. Conçu à l’époque soviétique, le réseau impose par ailleurs des contraintes techniques supplémentaires : toute extension doit être compatible avec des infrastructures anciennes et des standards spécifiques, ce qui limite les options et peut renchérir les coûts.

Dans ce contexte, l’extension vers Ajapnyak apparaît désormais comme bien plus qu’un simple projet de mobilité. Elle constitue un test grandeur nature de la capacité des autorités arméniennes à mener à bien un chantier d’infrastructure complexe, dans un environnement urbain et géologique particulièrement contraignant.

La forte hausse des coûts, liée à la fois aux réalités physiques du terrain, à la complexité technique du projet et à l’inflation dans le secteur de la construction, illustre ainsi le passage d’un projet initialement envisagé comme relativement simple à une entreprise d’ingénierie lourde, aux implications urbaines et budgétaires considérables.

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