Une hausse du prix du gaz russe pourrait provoquer un scénario « apocalyptique », selon le gouverneur de la Banque centrale

Une éventuelle hausse du prix du gaz naturel russe fourni à l’Arménie constituerait un choc économique exceptionnel, qui nécessiterait une réponse plus forte qu’à l’accoutumée, a déclaré le 15 septembre le gouverneur de la Banque centrale d’Arménie, Martin Galstyan.
Lors d’une conférence de presse organisée au siège de la Banque centrale à Erevan, Martin Galstyan a indiqué, en réponse à une question de CivilNet, que l’institution avait pris ce risque en compte dans son analyse de scénarios. Il l’a qualifié de scénario de « type X », distinct des deux principaux scénarios présentés dans le rapport trimestriel de politique monétaire de la Banque centrale, publié le même jour.
« Cela pourrait avoir un effet primaire en entraînant une hausse du niveau général de l’inflation », a déclaré Martin Galstyan. « Il pourrait également y avoir un effet secondaire, car le prix du gaz peut se répercuter sur d’autres produits, notamment sur la production sous serre. »
Une telle réaction en chaîne pourrait également accroître le risque de contraction de l’économie, a-t-il ajouté.
Le 15 septembre, la Banque centrale a relevé son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, à 6,75 %, invoquant les pressions inflationnistes. En août, l’inflation annuelle s’élevait à 4,4 %, tandis que l’inflation sous-jacente atteignait 4,8 %, toutes deux supérieures à l’objectif de 3 % fixé par la Banque centrale.
Le rapport de la Banque centrale présente deux scénarios à titre indicatif, et non des prévisions.
Le scénario de « type A » repose sur l’hypothèse d’une demande intérieure et extérieure plus forte, notamment en raison d’une augmentation du nombre de visiteurs russes. Cette évolution pourrait entraîner une hausse des loyers, des prix des services et des anticipations d’inflation. Dans ce cas, les taux d’intérêt devraient suivre une trajectoire plus élevée que celle actuellement anticipée par les marchés.
Le scénario de « type B » porte sur d’éventuelles restrictions visant les exportations de produits d’origine arménienne vers la Russie. Selon la Banque centrale, si ces restrictions se prolongeaient, elles pourraient réduire les recettes d’exportation, peser sur l’agriculture et l’emploi et affaiblir la consommation ainsi que l’investissement. Une telle situation pourrait nécessiter une baisse des taux d’intérêt.
Martin Galstyan a toutefois indiqué qu’une forte hausse du prix du gaz n’entrait dans aucune de ces deux catégories.
« Nous avons gardé ce scénario à l’esprit, mais de notre point de vue, il s’agit d’un scénario de type X. Il suppose quelque chose de plus apocalyptique », a-t-il déclaré. « Notre réponse devrait être plus forte et sortir du cadre de ces scénarios habituels. »
Ces déclarations interviennent alors que les divergences politiques entre Erevan et Moscou s’accentuent. La Russie a imposé des restrictions sur les importations de produits agricoles arméniens, tandis que des responsables russes ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une hausse du prix du gaz si l’Arménie quittait l’Union économique eurasiatique.
L’Arménie affirme toutefois ne pas avoir l’intention de quitter l’organisation. La Russie fournit environ 86 % des besoins de l’Arménie en gaz naturel, tandis que l’Iran fournit des volumes supplémentaires dans le cadre d’un accord d’échange de gaz contre de l’électricité. Gazprom Armenia, filiale du groupe russe Gazprom, détient le monopole de l’approvisionnement et de la distribution du gaz en Arménie.
Le gaz russe coûte 177 dollars pour 1 000 mètres cubes à la frontière arménienne, mais les consommateurs finaux paient plus du double de ce montant.
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Arshaluis Mgdesyan









