Pressions de Bakou: Israël retire la reconnaissance du génocide arménien de l’ordre du jour de la Knesset

La reconnaissance du génocide arménien par Israël n’aura finalement pas été soumise au vote du Parlement. Selon le quotidien israélien Haaretz, cette décision résulterait de pressions exercées par l’Azerbaïdjan sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
D’après le journal, le gouvernement israélien avait pourtant approuvé, fin juin, un projet de résolution reconnaissant officiellement le génocide arménien. Mais le texte n’a jamais été présenté à la Knesset.
«La décision du gouvernement israélien de reconnaître le génocide arménien, approuvée le mois dernier, n’a pas été soumise au vote de la Knesset en raison de pressions exercées par l’Azerbaïdjan sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu», écrit Haaretz, citant une source proche du dossier.
Selon cette même source, le blocage est intervenu après une intervention d’Hikmet Hajiyev, conseiller diplomatique du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, auprès du cabinet de Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre aurait alors décidé de suspendre le processus, malgré l’initiative portée par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar.
Les autorités israéliennes auraient ensuite informé Bakou que la question avait été retirée de l’ordre du jour de la Knesset. Elle n’a donc pas été incluse dans les derniers votes organisés avant la pause estivale du Parlement.
Une reconnaissance annoncée fin juin
Le 28 juin, le gouvernement israélien avait pourtant créé la surprise en approuvant une résolution reconnaissant le génocide arménien commis dans l’Empire ottoman.
À cette occasion, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Sa’ar, avait qualifié le génocide arménien d’« atrocité », rappelant qu’il avait coûté la vie à 1,5 million d’Arméniens et entraîné la destruction d’une partie considérable du patrimoine historique et culturel arménien.
Cette annonce avait immédiatement suscité la colère de Bakou. Dès le 29 juin, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères avait appelé Israël à revenir sur sa décision, accusant les autorités israéliennes de « déformer la vérité historique » concernant les événements du début du XXe siècle.
Si les informations de Haaretz se confirment, la reconnaissance officielle du génocide arménien par Israël reste donc suspendue, malgré le feu vert initial du gouvernement.
À Erevan, la décision n'avait pas suscité d'enthousiasme officiel. Nikol Pashinyan avait refusé de la commenter, affirmant qu'il n'était pas dans l'intérêt de la République d'Arménie de prendre part à l'instrumentalisation du génocide arménien dans les rivalités géopolitiques.











