Accueil Flux

L’Arménie commencera bientôt à vendre des produits à l’Azerbaïdjan, annonce Mirzoyan

L’Arménie commencera bientôt à vendre des produits à l’Azerbaïdjan, annonce Mirzoyan

Par Lia Avagyan

Des entreprises arméniennes devraient commencer à vendre des produits à l’Azerbaïdjan dans les prochains jours, a annoncé le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, présentant cette évolution comme un nouveau signe du développement des relations économiques entre les deux pays.

« Dans les prochains jours, vous apprendrez que des entreprises azerbaïdjanaises achètent des produits auprès d’entreprises arméniennes », a déclaré Ararat Mirzoyan dans une interview diffusée lundi soir sur la télévision publique arménienne. « L’Arménie vendra des produits à l’Azerbaïdjan. »

L’entretien a été enregistré à Gyumri, où de hauts responsables du ministère des Affaires étrangères et les chefs des missions diplomatiques arméniennes à l’étranger tiennent leur réunion annuelle.

À lire également : Mirzoyan affirme que la Russie reste « plus qu’un partenaire stratégique » et appelle à des relations plus saines

Ararat Mirzoyan a indiqué que l’Arménie achetait déjà des produits, notamment du carburant, directement auprès d’entreprises azerbaïdjanaises. Il a distingué ces échanges commerciaux des marchandises provenant de pays tiers et transitant par le territoire azerbaïdjanais.

Jusqu’à présent, a-t-il expliqué, ces échanges se faisaient essentiellement dans un seul sens, les entreprises arméniennes achetant des produits azerbaïdjanais. La vente de produits arméniens à des acheteurs azerbaïdjanais rendrait ainsi les relations commerciales réciproques.

Le ministre a cité ces échanges commerciaux, ainsi que l’absence de tirs et de victimes à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et l’ouverture du territoire azerbaïdjanais aux marchandises à destination de l’Arménie, comme autant de signes de l’émergence de ce qu’il a qualifié de « paix réelle et fonctionnelle » entre les deux pays.

Il a toutefois reconnu que le processus de paix devait encore être institutionnalisé, principalement par la signature de l’accord de paix déjà paraphé par l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

L’Arménie affirme être prête à signer cet accord, tandis que l’Azerbaïdjan a exprimé des préoccupations concernant certaines dispositions de la Constitution arménienne. Erevan affirme que ces préoccupations trouvent une réponse dans le texte convenu.

Délimitation de la frontière et enclaves

Ararat Mirzoyan a également abordé la question de la délimitation de la frontière arméno-azerbaïdjanaise, estimant que la phase politique la plus difficile du processus avait, dans une large mesure, été franchie et que la suite des travaux pourrait progressivement devenir essentiellement technique.

Selon lui, les deux pays se sont déjà entendus sur une grande partie des documents et des procédures encadrant le processus, notamment sur l’utilisation de la Déclaration d’Alma-Ata de 1991 comme base de la délimitation.

Une fois les cartes, les procédures et les instructions convenues, a expliqué le ministre, le travail sur le terrain sera de plus en plus confié à des spécialistes plutôt qu’à de hauts responsables politiques.

« Il viendra un moment où la délimitation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan deviendra un processus technique », a-t-il déclaré.

Concernant les enclaves, Ararat Mirzoyan a indiqué qu’aucune négociation de fond ne portait actuellement sur des arrangements territoriaux précis. Il a toutefois souligné que l’Arménie ne pouvait pas appliquer de manière sélective le principe de délimitation convenu à certaines portions de la frontière tout en le rejetant ailleurs.

La frontière doit d’abord être établie conformément aux principes convenus, a-t-il expliqué. Ce n’est qu’ensuite que l’Arménie et l’Azerbaïdjan pourraient éventuellement discuter d’ajustements, si les deux parties les jugeaient utiles.

Selon Ararat Mirzoyan, de tels arrangements pourraient théoriquement inclure des échanges de territoires ou d’autres formes d’optimisation, tout en préservant un équilibre territorial convenu entre les deux parties.

« Mais avant d’en arriver à ces solutions, nous devons tracer ce qui existe », a-t-il déclaré. « Nous devons comprendre à quoi nous avons affaire avant de pouvoir faire ces calculs. »

Il a insisté sur le fait qu’aucune négociation spécifique de ce type n’était actuellement en cours.

Relations entre l’Arménie et la Turquie

Ararat Mirzoyan a également établi un lien entre le processus régional plus large et les discussions sur la normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie, affirmant que les deux pays étaient prêts à ouvrir complètement leur frontière terrestre.

« La situation l’exige et l’époque l’impose : la frontière entre l’Arménie et la Turquie doit être pleinement ouverte et fonctionner dans toutes ses capacités », a-t-il déclaré.

Le ministre a indiqué que des diplomates arméniens s’étaient rendus au poste-frontière de Margara, où l’Arménie a déjà construit les infrastructures nécessaires aux services frontaliers et douaniers en prévision d’une éventuelle réouverture.

Le poste-frontière reste fermé à la circulation régulière, bien qu’il ait été utilisé à plusieurs reprises à titre exceptionnel, notamment pour l’acheminement d’aide humanitaire et pour des déplacements liés aux opérations de secours après les séismes de 2023 en Turquie et en Syrie.

Ararat Mirzoyan a également évoqué un récent forum d’affaires arméno-turc organisé à Kars, auquel a participé une délégation d’entrepreneurs arméniens.

Selon lui, une nouvelle rencontre entre représentants des milieux d’affaires est prévue en Arménie au début du mois d’octobre, dans le prolongement de ce qu’il a qualifié de rencontre réussie à Kars.

Le ministre a par ailleurs estimé que le rétablissement des liaisons ferroviaires directes avec la Turquie, notamment de la ligne Gyumri-Kars passant par Akhurik, constituerait un élément important des efforts plus larges de l’Arménie visant à rétablir les connexions régionales.

Ararat Mirzoyan a enfin estimé que les évolutions dans les relations de l’Arménie avec l’Azerbaïdjan et la Turquie devaient être considérées comme des éléments interconnectés d’un processus plus vaste visant à rouvrir les frontières, les voies de transport et les liens économiques après des décennies de conflit et d’isolement.

Suivez-nous sur Telegram Telegram

Lire la suite

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez en premier nos résumés hebdomadaires.

En vous abonnant, vous acceptez notre Politique de confidentialité .

CivilNet interdit l'utilisation de ses articles et photos sans attribution appropriée, ainsi que le téléchargement et la republication sur d'autres plateformes de ses contenus et vidéos portant sa marque. Toute utilisation partielle des vidéos CivilNet nécessite l'accord préalable de CivilNet.

315 Arden Ave, bureau 30, Glendale, Californie 91203

+1(818)749-4500 [email protected]

1 avenue du Nord, bureau 30, Erevan 0010, Arménie

+374(10)500-119

CIVILNET © 2011-2026. Tous droits réservés.

Développé par MATEMAT