Le tribunal a prolongé de trois mois supplémentaires la détention provisoire de Gagik Tsaroukian, homme d’affaires et chef du parti Arménie prospère. La décision a été rendue publique le 5 novembre.
Le 4 novembre, le procès de Gagik Tsaroukian et de huit autres accusés s’était poursuivi devant le tribunal de première instance des districts administratifs d’Avan et de Nor Nork, à Erevan. La procureure Liana Markossian avait demandé la prolongation de sa détention provisoire pour une durée de trois mois.
La justice invoque un risque d’entrave à la procédure
Selon la procureure, les motifs justifiant son placement en détention restent valables. Elle a estimé qu’une remise en liberté pourrait permettre à Tsaroukian d’entraver la procédure pénale et d’interférer dans l’administration des preuves. D’après Liana Markossian, les mesures alternatives à la détention ne seraient pas suffisantes pour prévenir ces risques.
La défense avait demandé la levée de la détention provisoire ou son remplacement par une mesure moins restrictive. L’avocat Yerem Sargsian avait contesté les arguments de l’accusation, les jugeant trop généraux et insuffisamment étayés.
Lors de l’audience du 4 novembre, Gagik Tsaroukian avait une nouvelle fois rejeté les accusations portées contre lui, affirmant n’avoir commis aucune infraction.
« Je suis prêt à accepter n’importe quelle décision. J’ai la conscience tranquille. Les bulles finiront par éclater, ceux qui mentent devront rendre des comptes et Tsaroukian sera acquitté », avait-il déclaré.
Gagik Tsaroukian avait été placé en détention provisoire le 7 juillet pour une durée initiale de deux mois. Le 4 septembre, le tribunal avait prolongé cette mesure de deux mois supplémentaires.
Une affaire de fraude présumée à 22 millions de dollars
L’homme d’affaires est accusé d’avoir organisé une escroquerie à très grande échelle ainsi que des opérations de blanchiment d’argent. L’affaire concerne des transactions réalisées entre 2022 et 2024 dans le cadre de projets de coopération commerciale et logistique entre l’Arménie et l’Iran.
Selon les enquêteurs, les membres d’un groupe agissant sous la direction de Tsaroukian auraient conclu des accords avec des partenaires iraniens et créé des sociétés communes, avant de s’approprier frauduleusement des biens d’une valeur d’environ 22 millions de dollars, en recourant à la tromperie et à l’abus de confiance.
Parmi les neuf personnes poursuivies dans cette affaire, sept sont de nationalité arménienne et deux de nationalité iranienne.
Gagik Tsaroukian rejette l’ensemble des accusations. Lors de l’audience du 4 novembre, il avait affirmé avoir personnellement investi la totalité des fonds nécessaires à la réalisation du projet commun avec les hommes d’affaires iraniens, tandis que ses partenaires n’auraient pas respecté leurs engagements.
Le parti Arménie prospère considère les poursuites pénales engagées contre son dirigeant comme étant motivées par des considérations politiques.
Dans un communiqué publié le 3 novembre, le parti avait souligné que l’enquête préliminaire était terminée et que le dossier avait été transmis à la justice. Il estimait, par conséquent, que le maintien en détention provisoire de Gagik Tsaroukian n’était plus justifié.












