Par Ani Paitjan
La libération des 19 Arméniens détenus en Azerbaïdjan reste une condition essentielle pour progresser vers une paix durable entre Erevan et Bakou. C’est le message qu’a porté le président de l’Assemblée nationale arménienne, Alen Simonyan, le 16 avril, lors de la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire en Turquie.
“Des problèmes humanitaires graves subsistent et doivent être résolus”, a-t-il insisté, appelant non seulement à la libération des détenus, mais aussi à des avancées concrètes sur le sort des personnes disparues.
Selon les chiffres officiels arméniens, environ 23 Arméniens sont actuellement détenus en Azerbaïdjan, dont une partie sont considérés comme des prisonniers de guerre capturés lors des hostilités, tandis que d’autres sont des civils ou d’anciens responsables politiques du Haut-Karabakh. Parmi eux figurent notamment d’anciens dirigeants de facto de l’enclave, arrêtés après l’offensive azerbaïdjanaise de septembre 2023. Plusieurs ont été condamnés par des tribunaux à Bakou, dans des procédures dénoncées par Erevan et des organisations de défense des droits humains comme étant contraires aux normes du droit international, en particulier aux Conventions de Genève encadrant le traitement des prisonniers de guerre.
La question des disparus reste, elle aussi, profondément ancrée dans le conflit. Selon les données officielles, plus de 1 000 Arméniens sont toujours portés disparus à la suite des différents conflits liés au Karabakh, dont plusieurs centaines depuis la guerre de 2020. Derrière ces chiffres, des familles attendent depuis des années — parfois des décennies — des informations sur le sort de leurs proches.
Dans ce contexte, les autorités arméniennes accusent régulièrement Bakou de rétention d’informations, notamment sur les lieux de détention et sur l’identification des corps. La situation s’est encore complexifiée avec la fermeture du bureau du Comité international de la Croix-Rouge à Bakou, qui constituait jusqu’ici un canal essentiel pour assurer un suivi humanitaire et maintenir un lien avec les détenus.












