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Pashinyan et Poutine s’entretiennent après plusieurs semaines de tensions entre l’Arménie et la Russie

Pashinyan et Poutine s’entretiennent après plusieurs semaines de tensions entre l’Arménie et la Russie

Par Paul Vartan Sookiasian

Traduit par Ani Paitjan

Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan s’est entretenu par téléphone lundi avec le président russe Vladimir Putin, dans un contexte de tensions croissantes entre Moscou et Erevan liées à la diversification des relations de l’Arménie avec l’Occident.

Selon le compte rendu officiel du gouvernement arménien, le président russe a félicité Pashinyan à l’occasion de son anniversaire et lui a adressé ses meilleurs vœux. Les deux dirigeants ont échangé leurs points de vue sur plusieurs questions bilatérales et multilatérales d’actualité. Pashinyan aurait exprimé sa reconnaissance pour les “positions équilibrées” et le “ton amical” adoptés par la Russie, ainsi que pour son soutien sur plusieurs dossiers abordés au cours de l’échange. Les deux parties sont convenues de poursuivre leurs contacts ultérieurement.

Aucun autre détail n’a été communiqué concernant le contenu précis de la conversation.

Cet appel intervient après plusieurs semaines de fortes tensions diplomatiques, notamment à la suite de la réaction virulente de Moscou à l’organisation par l’Arménie du sommet de la Communauté politique européenne au début du mois de mai. La Russie a estimé que cet événement témoignait du rapprochement croissant de l’Arménie avec les institutions occidentales. La participation du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a particulièrement irrité Moscou. Zelensky avait alors déclaré que ses drones étaient capables d’atteindre le défilé militaire du 9 mai à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire, même si aucune attaque de ce type n’a eu lieu.

En réaction, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a condamné le fait que l’Arménie ait offert une tribune à Zelensky et a reproché à Erevan de ne pas s’être publiquement dissocié de ses déclarations. Le ministère russe des Affaires étrangères a ensuite convoqué l’ambassadeur arménien à Moscou afin de protester officiellement contre ce qu’il a qualifié d’utilisation « catégoriquement inacceptable » d’une plateforme accueillie par l’Arménie.

Samedi, Moscou a rappelé pour consultations son ambassadeur en Arménie, Sergey Kopyrkin, en raison des liens croissants entre Erevan et l’Union européenne. Sur le plan diplomatique, cette décision est généralement interprétée comme un signe de profond mécontentement envers l’orientation politique du gouvernement arménien.

Ces dernières semaines, la Russie a également accru sa pression économique sur l’Arménie en imposant des restrictions aux importations de produits agricoles, notamment de fruits et légumes, après avoir déjà limité les importations de fleurs, d’eau minérale et de boissons alcoolisées. Des responsables arméniens ainsi que plusieurs observateurs ont lié ces mesures aux désaccords plus larges concernant l’orientation de la politique étrangère arménienne.

Des responsables russes ont également menacé de suspendre ou de mettre fin à l’accord préférentiel d’approvisionnement en gaz accordé à l’Arménie, ce qui pourrait provoquer une forte hausse des prix de l’énergie. Moscou est par ailleurs accusée d’ingérence électorale et de soutenir des réseaux de désinformation visant l’Arménie à l’approche des élections législatives du 7 juin, dans lesquelles les principaux adversaires de Pashinyan sont généralement considérés comme plus favorables à la Russie.

Les responsables russes continuent également de défendre l’idée que l’Arménie devra choisir entre une intégration plus poussée à l’Union européenne et le maintien de son appartenance à l’Eurasian Economic Union (UEE).

Lors du sommet de l’UEE la semaine dernière, les dirigeants des États membres ont adopté une déclaration commune exhortant l’Arménie à organiser dès que possible un référendum national afin de choisir entre une adhésion à l’Union européenne et le maintien au sein de l’UEE. Ils ont également averti que le rapprochement d’Erevan avec l’UE faisait peser de sérieux risques économiques sur l’organisation.

Dans une vidéo publiée lundi sur Facebook, Pashinyan a répondu qu’un tel référendum n’aurait de sens que si un choix entre les deux blocs devenait inévitable, et seulement après une démarche officielle de l’Arménie vers l’adhésion à l’Union européenne.

“Avant que l’Arménie ne dépose officiellement sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne ou ne s’approche d’un statut de pays candidat, l’organisation d’un référendum serait illogique”, a-t-il déclaré.

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