La CEC autorise l'engagement de poursuites contre Narek Karapetyan, selon son avocat

La Commission électorale centrale (CEC) a autorisé l'engagement de poursuites pénales contre Narek Karapetyan, député élu sur la liste de l'alliance «Arménie forte» (Ujhegh Hayastan). L'information a été annoncée par son avocat, Aram Vardevanyan, lors d'un point presse à l'issue de la réunion de la CEC.
Interrogé sur la question de savoir si la CEC avait levé l'immunité parlementaire de Narek Karapetyan, Me Vardevanyan a précisé:
“L'immunité parlementaire comporte deux volets principaux : l'interdiction d'engager des poursuites et celle de priver le député de sa liberté. L'autorisation de présenter des accusations a été accordée. La question de l'autorisation d'une privation de liberté sera examinée lors de la reprise de la séance à 15h30.”
Le Parquet général avait saisi la Commission électorale centrale d'une demande visant à obtenir l'autorisation d'engager des poursuites pénales contre Narek Karapetyan.
Le 21 juillet, la CEC a validé le procès-verbal enregistrant les députés élus à l'issue des dernières élections législatives et leur a officiellement attribué leur mandat. Narek Karapetyan figure parmi les députés dont le mandat a été confirmé.
Qui est Narek Karapetyan?
Narek Karapetyan est un homme politique arménien et l'une des principales figures de l'alliance d'opposition «Arménie forte» (Ուժեղ Հայաստան / Strong Armenia). Lors des élections législatives du 7 juin 2026, il était la tête de liste de cette coalition, fondée par son oncle, le milliardaire Samvel Karapetyan, actuellement assigné à résidence.
Que lui reproche le gouvernement?
À ce stade, il existe deux procédures distinctes contre lui.
Dissimuler sa nationalité russe
En mai 2026, le Comité d'enquête arménien l'a inculpé pour avoir caché qu'il possédait également la nationalité russe lors de son enregistrement comme candidat aux élections législatives. Selon les autorités, cette omission constitue une infraction à la législation électorale et pénale arménienne. Narek Karapetyan rejette ces accusations et affirme qu'elles sont politiquement motivées.
Une nouvelle procédure nécessitant la levée de son immunité
Après son élection comme député, le Parquet général a demandé à la Commission électorale centrale (CEC) l'autorisation d'engager des poursuites pénales à son encontre. Le 22 juillet, la CEC a donné son accord pour l'engagement des poursuites et devait ensuite examiner séparément la demande visant une éventuelle privation de liberté, l'immunité parlementaire couvrant ces deux aspects. En revanche, les autorités n'ont pas encore rendu publics les détails précis des nouvelles accusations justifiant cette demande de levée d'immunité.
Un contexte politique très tendu
L'affaire s'inscrit dans un contexte de forte confrontation entre le gouvernement de Nikol Pashinyan et l'opposition.
L'alliance Arménie forte conteste les résultats des élections législatives de juin 2026 et accuse le pouvoir d'utiliser les institutions judiciaires pour faire pression sur ses dirigeants. De son côté, le gouvernement affirme mener une lutte contre les infractions électorales, la corruption et d'autres délits, et rejette toute accusation de poursuites à caractère politique. Des observateurs ont toutefois relevé que les arrestations et procédures visant plusieurs figures de l'opposition ont alimenté les critiques sur un possible usage sélectif de la justice.
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